Publicité
lesdebrouillards.jpg

Les débrouillards

Autre action

Actualité

Google Earth submergé

Agence Science-Presse, le 10 février 2009, 21h00

(Agence Science-Presse) Rien n’échappe à Google. Voilà qu’il jette son oeil inquisiteur sur le fond des océans. Y a-t-il quelqu’un dans la salle qui pense y faire son prochain voyage?

Le site pour télécharger Google Earth gratuitement.
Ceux qui l’ont déjà sur leur ordinateur doivent télécharger la dernière version pour voir le plancher sous-marin.

À l’heure actuelle, seulement 5% des fonds océaniques sont cartographiés en détail.

Selon la légende urbaine, l’océanographe Sylvia Earle aurait dit à la blague à un haut dirigeant de Google que le plus gros défaut du logiciel Google Earth, c’était qu’il ne couvrait pas les quatre cinquièmes de la planète.

Eh bien c’est maintenant chose faite. Ce logiciel qui a été téléchargé un demi-milliard de fois depuis sa création en 2005; qui entremêle cartes routières et cartes topographiques des cinq continents; qui utilise les technologies de photo-satellite qui, il y a 15 ans, auraient été réservées aux satellites-espions... Ce logiciel donc, permet désormais d’admirer les montagnes et les crevasses sous-marines, de cliquer sur des fosses hydrothermales et de repérer les zones où des espèces sont menacées d’extinction. Avec images et vidéos à l’appui.

Google Earth « sous-marin » pourrait-il venir au secours d’une communauté d’environnementalistes qui peine à intéresser le grand public au sort des espèces marines (sauf la baleine)? C’est ce qu’espèrent certains observateurs, comme ce journaliste du New York Times qui y voit un outil pour rendre plus familier un univers qui nous est, au départ, passablement étranger.

Les médias et la technologie, lui dit par exemple la « psychologue de l’environnement » Nancy Wells, de l’Université Cornell, « peuvent être un catalyseur pour connecter les gens à la nature ». Même sentiment chez Stephen Kellert, professeur d’écologie sociale à l’Université Yale: il existe « une forte corrélation entre la conscientisation environnementale... et l’avènement de descriptions de la nature par la vidéo, le film ou la télé ».

Mais Kellert ajoute un bémol : conscientisation n’implique pas compréhension, ni même action. « Une prise de conscience accrue reste quelque chose de largement abstrait et éloigné —éloigné comme les forêts tropicales, la faune charismatique d’autres pays... »