Publicité
lesdebrouillards.jpg

Les débrouillards

Autre action

Actualité

Congrès de l’Association francophone pour le savoir

Science et politique : un dialogue de sourds?

Julie Picard, le 13 mai 2009, 15h00

(Agence Science-Presse) Qu’arrive-t-il lorsqu’une journaliste, un astronaute, un docteur en psychologie et un politicologue discutent de science et de politique? Ils arrivent à s’entendre! Leur diagnostic : les univers scientifique et politique évoluent de façon parallèle. Leur remède : encourager une meilleure communication entre les acteurs des deux mondes et, avec le monde médiatique.

Réunis dans le cadre des Midis de l’ACFAS, en marge du congrès annuel à Ottawa, les quatre panélistes ont déploré le manque d’échange de connaissances entre la science, la politique et les médias. « Trop peu de scientifiques deviennent des élus ou des journalistes », commente Carole Beaulieu, rédactrice en chef de L’Actualité. En accord avec cette affirmation, Camil Bouchard, député de Vachon, qualifie également les scientifiques d’« analphabètes du monde politique ». Et pour boucler la boucle, l’astronaute Marc Garneau, député de Westmount-Ville-Marie et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’industrie, de science et de technologie, affirme que les scientifiques sont de « pauvres communicateurs » et que « peu d’élus ont une formation scientifique ». Comment alors s’écouter et se comprendre?

En effet, il semble y avoir un problème de traduction, de vulgarisation entre ce que savent les élus des enjeux scientifiques et ce qu’ils devraient faire conséquemment, explique Pierre Noreau, président de l’ACFAS. « Par exemple, on est au courant des changements climatiques, mais quelles sont les actions à entreprendre? » Selon M. Noreau, les scientifiques ne sont pas assez opportunistes et devraient occuper davantage l’espace public. « Mais pour ça, il faut les former à la communication publique. »

Les chercheurs qui savent communiquer ne courent effectivement pas les rues… Il y en a plusieurs pour qui le « raccourci médiatique est un cauchemar! », précise Camil Bouchard. C’est pourquoi quand un journaliste en trouve un, il le garde, explique Carole Beaulieu! Résultat : on surmédiatise les perles rares.

En plus d’être attentifs aux médias, les scientifiques se devraient d’être ouverts à l’agenda politique, d’être au courant de ce qui se trame, selon M. Bouchard. « Mais le scientifique doit quand même résister à l’envie de modifier son travail pour plaire aux politiques… », a-t-il prévenu.

Selon les dires de Marc Garneau, il ne faut pas penser que les politiciens et les hommes et femmes de science ne se parlent pas du tout. « Il y a un activisme certain qui se fait. » Seulement, pour garantir l’efficacité de ce dialogue, les parties impliquées devront modifier quelque peu leur façon d’être et d’agir et surtout sortir de leur zone de confort.  

1 commentaire

Portrait de Visiteur

Bonjour,
Effectivement, la science n'est pas assez médiatique, mais la difficulté vient aussi de la manipulation des informations faite par les médias et politiques. Un scientifique n'a pas envie que ses résultats soient manipulés ou interprétés : il veut des données fiables et prouvées, avec des explications validées par expérience. Un journaliste ou un politique ne supporte pas l'incertitude et l'attente liées aux progrès de la science, et veut tout de suite annoncer des résultats. Quitte à dire le contraire le lendemain. Par exemple, les scientifiques ne savent pas prévoir sans grandes incertitudes, les évolutions du climat sur la terre, la seule chose qui est sure est que le climat se réchauffe. Les journalistes veulent annoncer des pourquoi , comment et combien et trouver des coupables avant qu'ils soient disponibles. Un journaliste amplifie les infos pour les rendre intéressantes, un scientifique les mesure et les modère compte tenu des incertitudes, évolutions et erreurs possibles. Un scientifique n'aime pas en raconter plus qu'il n'en sait. Il n'aime pas relire des articles de journalistes qui certifient des choses qu'on n'a jamais annoncées comme sûres. Un politique est souvent manipulateur, il dit aux autres ce qu'ils ont envie d'entendre. Un scientifique dit ce qui est fortement probable, vrai ou faux indépendemment de ce que le public a envie d'entendre ;Comment voulez vous qu'il soit élu? Le positionnement par rapport aux autres par rapport à des stratégies personnelles et électoralistes ne l'intéresse pas. Ce qui l'intéresse, c'est découvrir le monde.