Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, le dernier Tsar de Russie, Nicolas II, son épouse Alexandra, leurs quatre filles et leur fils sont exécutés sauvagement par les bolchéviques. Ces derniers ont ensuite fait disparaître les corps. Mais depuis plus d’un siècle, la controverse règne… Et si certains des enfants avaient survécu au massacre? En Europe, plusieurs imposteurs diront être les survivants de la famille royale, mais c’est dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences que la saga a pris fin en mars dernier.

Une équipe de chercheurs russes, canadiens et américains a enfin identifié les derniers corps manquants de la famille du Tsar Nicolas II. L’aventure débute en 1991. On retrouve dans une fosse de la région de l’Oural plusieurs squelettes. Des tests d’ADN suggèrent qu’il pourrait s’agir du Tsar, de son épouse femme et de trois de leurs filles. Toutefois, le prince Alexis et une de ses sœurs manquent à l’appel.

Il faudra attendre 2007 pour qu’on retrouve, dans une deuxième fosse, 44 fragments d’os abîmés par le feu et l’acide sulfurique. Un examen préliminaire conclut que ce sont les restes d’un garçon âgé de 10 à 14 ans et d’une jeune femme âgée de 18 à 23 ans. Il pourrait donc s’agir des deux héritiers manquants.

Les chercheurs procèdent à la comparaison génétique des corps retrouvés dans les deux fosses. Ils établissent alors que les ossements appartiennent effectivement aux sept membres d’une même famille. Mais s’agit-il bien de la famille impériale?

Si c’est le cas, l’ADN des enfants présentera certaines séquences génétiques identiques à celles des deux branches de leur famille: celle de la reine Victoria, leur arrière-grand-mère maternelle et celle des Romanov, la dynastie de leur père. En comparant l’ADN des enfants à celui de descendants vivants de ces deux lignées, les chercheurs obtiennent une concordance parfaite. Les corps appartiennent bel et bien à la descendance du Tsar de Russie.

Mars 2009 : publication de ces résultats historiques dans la revue PNAS. Ce qui s’est passé dans la terrible nuit de juillet 1918 est maintenant indiscutable : aucun membre de la famille du Tsar Nicolas II n’a échappé au massacre qui mit fin à la dynastie des Romanov.