Qu’ont de commun la forêt boréale du Québec et la forêt tropicale du Costa Rica? La NASA y effectuera des tests pour son nouveau radar, développé par un Québécois!

Scientifique senior au laboratoire de propulsion jet du California Institute of Technology à Pasadena, en Californie, Marc Simard développe depuis plusieurs années un nouveau radar pour la NASA permettant de cartographier les forêts en trois dimensions.

Les applications de ce radar sont nombreuses, mais principalement reliées à la lutte aux changements climatiques. « Les forêts emprisonnent du carbone. Lorsqu’on les coupe, ce carbone s’envole dans l’atmosphère. Avec ce radar sur le ventre d’un avion, nous pouvons mesurer indirectement le budget de carbone d’une forêt – et donc l’impact des coupes. Le radar étudie sa structure, les espèces d’arbres qui la composent, sa hauteur, le diamètre des arbres et la forme de la canopée et s’attarde aussi aux déplacements du sol au centimètre près », détaille le scientifique québécois.

Le premier vol scientifique de ce radar permettra de tester plusieurs écosystèmes : la Sierra en Californie où les Séquoias géants sont maîtres de la forêt, la forêt tropicale du Costa Rica, la forêt tempérée du New Hampshire et du Maine et la forêt boréale du parc des Laurentides. « Nous voulons nous assurer que les modèles de détection radar fonctionnent pour tous les types de canopées », précise M Simard.

Bien que la technologie reste secrète, M. Simard explique que ce radar rallie deux sortes de détection des cibles, le radar et le lidar. Le radar permet de détecter les arbres jusqu’au milieu de la forêt avec des ondes électromagnétiques, un peu comme les ondes de la télévision ou de la radio qui traversent les murs. Le lidar est un laser qui mesure la surface de la canopée selon la lumière réfléchie, comme la lumière qui ne peut traverser les murs, mais qui est réfléchie à la surface d’un obstacle. « Ce sont deux outils complémentaires qui permettent d’avoir une carte complète plutôt qu’une technologie GPS qui se fie à une interpolation entre deux points », mentionne le scientifique.

Un pas pour comprendre la Terre

Si cette technologie permet de cartographier une forêt, elle peut également le faire pour la croûte terrestre. Il cartographie un endroit à plusieurs reprises et peut ainsi savoir les déplacements des plaques tectoniques. « Si nous pouvons mieux comprendre les déplacements, peut-être pourrions-nous les prévoir éventuellement ». D’ailleurs, la technologie pourra être disponible pour des chercheurs en sciences de la terre comme pour l’étude des volcans, des tremblements de terre ou encore du mouvement des glaciers.

Les tests au Québec en août permettront de calibrer le radar afin de s’assurer de son bon fonctionnement. Bien que cet outil ne soit utilisé que sur des avions pour le moment en raison de son coût et de son utilité, il pourrait bien se retrouver en orbite sur un satellite dans quelques années. Surveillez le ciel de la forêt boréale cet été, la NASA y sera!