Si vous êtes physicien, la publication dans une revue scientifique n’est plus ce qu’elle était. Le facteur d’impact est cinq fois plus élevé si la recherche est mise en ligne sur le serveur accessible à tous ArXiv, et ensuite publiée dans une revue, plutôt que simplement publiée dans une revue comme c’était jadis la norme.

Dans une étude parue sur —eh oui— ArXiv, des chercheurs suisses et américains ont comparé les avantages et les inconvénients de l’une et l’autre des options, pour la communauté des physiciens des hautes énergies.

C’est bien connu, l’important pour un chercheur, c’est de publier, mais plus encore, d’avoir un « facteur d’impact » élevé —le genre de chose que différents indicateurs s’efforcent de calculer depuis des décennies. Or, un facteur d’impact cinq fois plus élevé, ce n’est pas à négliger.

Comment les auteurs expliquent-ils cet écart? L’instantanéité : ils estiment qu’environ 20% des articles citant un autre article le font avant même que celui-ci n’ait été publié dans une revue —donc, pendant la période de temps où il n’était accessible que sur ArXiv. Ça lui donne d’emblée une longueur d’avance.

Et un autre facteur entre en ligne de compte : depuis sa création en 1991, ArXiv s'est à ce point imposé chez les physiciens et les mathématiciens —les deux groupes auxquels il s’adressait, à l’origine— que 80% des physiciens qui ont le choix de cliquer sur la version ArXiv ou sur la version « journal » choisissent désormais la première option. Bref, la pré-publication sur Internet, d’idée marginale qu’elle était en 1991, est maintenant ancrée dans les habitudes —tout au moins, chez les physiciens du monde anglophone.