Linux, ça vous dit quelque chose? Ce système d’exploitation est le fer de lance du mouvement du logiciel libre dont la popularité n’a cessé de croître. Ces logiciels, dont la licence est libre de droit, répondent à une pluralité de besoins et sont utilisés quotidiennement par des millions d’usagers.

« L’avenir des logiciels est là », annonce même Louis Martin, chercheur au département d’informatique de l’UQAM et titulaire de la nouvelle Chaire de logiciel libre, finance sociale et solidaire dont le principal objectif est de concevoir une famille de logiciels libres dédiés au secteur financier alternatif, celui de l’épargne et des investissements sociaux et solidaires, plus souvent connu sous l’appellation « économie sociale ».

Pour supporter ce projet, de grands acteurs du milieu de l’économie solidaire — tels le Fonds de développement de la CSN, Fondaction, le Crédit coopératif et l’assureur français MACIF — se sont réunis en une ONG : l’Association internationale de logiciel libre en finance sociale et solidaire.

Des logiciels pour la communauté

Selon Louis Martin, cette pépinière de logiciels libres garantira une pérennité à ces outils informatiques : « il y aurait plus de 300 000 projets de logiciels libres partout sur la planète, mais 90 % d’entre eux ne fonctionneraient pas. Car pour qu’un tel logiciel soit fonctionnel, il lui faut une boucle de rétroaction, une communauté active d’utilisateurs ».

Les partenaires de la Chaire formeront les premiers utilisateurs, la première communauté de ces logiciels encore méconnus souvent confondus avec « l’Open Source » ou code libre, qui permet aux utilisateurs d’avoir seulement un accès libre au code source.

Les logiciels libres seraient plus que ça. Le chercheur cite ainsi Alfresco. Offert en deux versions — une communautaire et l’autre, plus complète, réservée aux entreprises —, le système de gestion et de management ne serait pas vraiment un logiciel libre.

Si l’on désire avoir accès à son système de gestion de contenu web, il faut prendre une souscription annuelle chez Alfresco Enterprise Network. Il n’y a donc pas de frais de licence, mais il s’agit bien d’un service payant.

« Bien sûr, les logiciels libres peuvent générer de l’argent avec des souscriptions, mais doivent être réellement libres. Ils doivent mettre toutes les informations disponibles à la disposition de la communauté. C’est bien plus que juste un accès aux codes », soutient l’informaticien.

Avec sa visée communautaire et solidaire, la Chaire travaillera à concevoir des outils libres faits sur mesure et que sa communauté pourra exploiter à moindre coût.

Des liens utiles

La Chaire de logiciel libre, finance sociale et solidaire de l’UQAM

L’Association internationale de logiciel libre en finance sociale et solidaire