Si la planète a cessé de se réchauffer, cela devrait pouvoir se vérifier statistiquement, non? Un journaliste a donc décidé de faire sa propre expérience scientifique... où les cobayes sont, cette fois, des statisticiens.

C’est qu’il s’agit de l’argument préféré des « enviro-sceptiques » : la Terre, disent-ils, aurait cessé de se réchauffer depuis 1998. Les climatologues leur répliquent que le fait qu’on n’ait pas battu le record de 1998 ne signifie pas que la Terre se refroidit, puisque les températures moyennes d’après 1998 restent supérieures aux températures moyennes d’avant 1998.

Mais cette explication semblant trop complexe, le journaliste Seth Borenstein, de l’Associated Press, a décidé d’une méthode plus directe : il a demandé à quatre statisticiens indépendants d’analyser les données, sans leur dire qu’il s’agissait de températures.

Aucun des quatre n’y a vu de tendance à la baisse dans la dernière décennie. Ils y ont vu une tendance générale à la hausse, sur le long terme, marquée par des hauts et des bas (c'est ce qu'on appelle une ascension en dents de scie) au milieu desquels la dernière décennie n’a rien d’exceptionnel.

Affirmer qu’il y a une tendance à la baisse depuis 1998 n’est pas scientifique, a ensuite commenté pour l’AP l’un de ces statisticiens, l’Américain David Peterson, après avoir été avisé de ce qu’il avait analysé. Ceux qui l’affirment sont arrivés devant ces données « avec des idées préconçues ».

Ces statisticiens ont reçu les données annuelles de la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration) pour les 130 dernières années et les données satellites des 30 dernières années.

Il faut savoir que même le « record » de 1998 ne fait pas l’unanimité. Selon les données du Bureau météorologique britannique, 1998 reste l’année la plus chaude depuis plus d’un siècle. Alors que selon les données de la NASA (satellites) et de la NOAA (détecteurs à la surface), ce record aurait été battu en 2005. Les « sceptiques » du climat citent toujours la donnée britannique.