Ils ont attrapé le trésor au pied de l’arc-en-ciel. Non, mieux que ça : ils ont attrapé un arc-en-ciel!

Après tout, il suffit d’attraper de la lumière, non? Ça semble simple sur papier, et tout ce qu’il a fallu, c’est une lentille et une plaque de verre. Mais pas n’importe quelle lentille.

En théorie, « attraper » de la lumière pourrait servir à entreposer de l’information puisque —toujours en théorie— n’importe quelle information, faite de zéros et de uns, pourrait être « encodée » dans un rayon de lumière. Ce qui serait beaucoup plus efficace et beaucoup plus rapide que nos « primitives » fibres optiques, qui ont l’obligation de faire passer le signal d’électronique à lumineux au départ, puis de le décoder à nouveau à l’arrivée. Et qui sont bien incapables « d’entreposer » un rayon de lumière...

En 2007, le physicien Ortwin Hess et ses collègues de l’Université de Surrey, en Angleterre, proposèrent une technique qui tirerait profit d’un matériau capable de « plier » la lumière à volonté —autrement dit, la placer là où on veut la placer plutôt que de la laisser s’éparpiller. Les physiciens appellent ce matériau un métamatériau, c’est-à-dire quelque chose d’artificiel qui possède des propriétés électromagnétiques qu’on ne retrouve pas dans la nature.

Ce qui était bel et bon sur papier, jusqu’à ce que Vera Smolyaninova et ses collègues, de l’Université Towson à Baltimore, réussissent à capturer un rayon, au moyen d’une lentille convexe de... 4 millimètres et demi de diamètre. Lentille elle-même couverte, d’un côté, d’un film d’or de 30 nanomètres d’épaisseur (30 millièmes de millimètre!), reposant sur une plaque de verre couverte elle aussi d’un film d’or de la même épaisseur. C’est entre les deux que s’est formé l’arc-en-ciel... Microscopique, on l’aura compris! Bref, n’essayez pas ça à la maison...