Saviez-vous qu’il existe des universités où on enseigne la psychologie d’Internet? Pour l’un de ces experts, la nouvelle année fut l’occasion d’une résolution : ne laissez pas votre nouveau joujou acquis à Noël empiéter sur votre bonheur... ou vous tenir en laisse!

C’est un lieu commun que de dire que nos vies sont de plus en plus dominées par Internet : ordinateurs portables et téléphones pour suivre courriels et Facebook d’une main, blogues et twitters de l’autre, tout en tapant des messages textes et des mises à jour. « Pour beaucoup d’entre nous, il devient de plus en plus difficile de contrôler notre impulsion à vérifier nos courriels une fois encore », écrit Yair Amichai-Hamburger dans l’édition des Fêtes du New Scientist.

D’où la question embarrassante que, si vous lisez ces lignes, vous vous êtes probablement déjà posée : sommes-nous servis par ces merveilles technologiques ou en sommes-nous les esclaves?

Mes patrons « m’ont donné un téléphone pour qu’ils puissent me posséder 24 heures par jour », s’indigne un responsable des ressources humaines cité dans l’article. Notre culture, reprend Amichai-Hamburger, qui est directeur du Centre de recherche sur la psychologie d’Internet à l’École Sammy Ofer des communications, en Israël, « nous rappelle constamment que le temps, c’est de l’argent. Cela implique un besoin d’efficacité totale, et c’est pourquoi nous permettons aux ordinateurs portables et aux téléphones cellulaires d’obscurcir la séparation entre le travail et la maison ».

Admettons. Mais comment reprendre le contrôle, si tant est que nous l’ayons perdu? Ses préceptes pourraient se résumer en un mot : autodiscipline. Les psychologues Edward Deci et Richard Ryan, de l’Université de Rochester, dans l’État de New York, sont plus détaillés, choisissant ces mots-clefs :

- autonomie; être autonome, c’est être capable d’éteindre son téléphone pendant les repas ou en famille; ou être capable de choisir un temps précis pour les courriels; pouvoir choisir ses propres priorités, et non celles qu’impose la technologie; - se sentir compétent; c’est-à-dire être capable de gérer la technologie suffisamment bien pour... devenir autonome! - Connexion... non à Internet, mais à d’autres gens; sans quoi les appareils peuvent « créer une bulle qui nous débranche des vraies interactions avec des humains; - Pensée critique : être capable de recevoir des messages 24 heures sur 24, c’est bien, être capable d’en neutraliser certains, c’est mieux.

Est-ce la recette du bonheur? À tout le moins, écrit le « psychologue d’Internet », une recette pour réduire le niveau de stress et améliorer notre qualité de vie.