L’industrie de l’aviation répond aujourd’hui à un double enjeu : diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et sa dépendance au pétrole.

Les acteurs internationaux se mobilisent depuis quelques années pour développer des biocarburants, une alternative prometteuse assez perfectionnée, pour que des compagnies aériennes les testent déjà sur des vols militaires et commerciaux.

Les carburants alternatifs utilisés pour l’automobile, soit le biodiesel et l’éthanol, ne sont pas adaptés à l’aviation. Le premier réagit mal aux basses températures et le second, aux hautes températures. L’éthanol est un biocarburant de première génération fabriqué à partir de plantes comestibles, peu efficace et non durable. Et, il affecte le marché alimentaire mondial.

L’aviation s’est donc tournée vers les biocarburants de deuxième génération dérivés de cultures non alimentaires. Le jatropha est une plante toxique très répandue dans les régions tropicales, notamment au Brésil et en Inde. La cameline, cultivée principalement en Europe, nécessite peu d’eau et de pesticides, et constitue donc un choix environnemental.

Toutefois, c’est l’utilisation d’algues qui semble être la solution idéale vu leur bon rendement, « mais nous sommes encore loin d’une solution permanente », comme l’explique Stephen Colavincenzo, chef de section acoustique et du groupe de vibration chez Bombardier aéronautique. Selon lui, « les plantes qui servent à produire les biocarburants de deuxième génération, même cultivées à grande échelle, ne pourront remplacer le carburant à base de pétrole, car la demande mondiale est trop importante. »

Le développement des biocarburants peut cependant déjà surprendre. Aux États-Unis, des tests ont été réalisés sur des vols militaires et commerciaux. Le 22 avril dernier, la US Navy a expérimenté un mélange de cameline et de carburant à base de pétrole sur un avion militaire de chasse. Au Canada, dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement des Nations Unies, le service canadien de navigation aérienne civile, NAV Canada, et United Airlines ont organisé deux vols de démonstration « verts ».

Le Sommet « En route vers la durabilité », organisé par l’Organisation de l’aviation civile internationale en mai dernier, à Montréal, est un autre exemple de cet effort international de développement des biocarburants qui mobilise toute l’industrie de l’aviation. Et ce n’est que le début de multiples rencontres entre ces acteurs afin que l’aviation repose davantage sur des énergies renouvelables.