Autre action

Actualité

L’université à l’heure du Web 2.0

Isabelle Burgun, le 10 septembre 2010, 10h51

(Agence Science-Presse) Blogues, vidéos, Twitter, Lipdub... Les jeunes se sont appropriés depuis longtemps les outils d’Internet. C’est au tour des enseignants d’université de tenter de s’en servir pour stimuler leurs élèves.

© Wong Chee Yen | Dreamstime.com
Cliquer sur la photo pour agrandir
© Wong Chee Yen | Dreamstime.com

Maths Web 2.0

À l’Université de Sherbrooke, ce sont les mathématiques qui ont pris le virage Web 2.0. Les étudiants inscrits au cours de Notions fondamentales de calcul différentiel (MAT 900) passent leur examen à la maison... sur des tablettes graphiques.

C’est la suite logique d’un cours offert sur le Web. Des capsules vidéos viennent compléter le contenu plus classique et les énoncés des problèmes se discutent entre élèves et professeur par vidéoconférence. «Plus besoin de demander aux étudiants de se déplacer», relève le responsable du cours, Olivier Godin. Un gain de temps pour les étudiants... mais l’examen est tout de même surveillé par cybercaméra!

«Mon blogue roule sur les productions de mes étudiants. Il faut dire que cela compte pour 40% de la note de cours», annonce Vincent Gautrais, de la Faculté de droit de l’Université de Montréal.

La façon traditionnelle de transmettre les connaissances de l’Université est-elle dépassée? Le titulaire de la Chaire d’enseignement du droit de la sécurité et des affaires électroniques le pense. «C’est une période révolutionnaire sur le plan du droit et de l’enseignement. Il est aujourd’hui possible d’apprendre sans professeur».

L’élève consommateur devient producteur. Les fils de Twitter lui permettent d’identifier une nouvelle de droit qu’il va enrichir par ses recherches —sur Internet, évidemment. Il réalisera un texte en format web. Et les meilleurs seront publiés sur le blogue!

Enseigner grâce au blogue

«Ils ont de meilleures notes et s’engagent plus dans le cours», relève Laurence Bherer, professeure de science politique à l’Université de Montréal. Ses étudiants de Politiques urbaines doivent écrire six billets d’actualité sur la politique municipale.

L’enseignante compte bien poursuivre cette expérience pédagogique entamée l’an dernier car le blogue «est la meilleure façon de m’assurer que mes étudiants suivent l’actualité». Et les dernières élections municipales ont été prolifiques en billets.

Bien que cela lui demande du temps, entre autres pour apprendre à composer avec un outil parfois capricieux, Laurence Bherer ne reviendrait pas en arrière. «J’y crois beaucoup. En enseignement, le blogue a de l’avenir, même s’il ne faut pas perdre de vue la qualité du contenu». Avant de s’y lancer, il faut savoir clairement ce qu’on attend des élèves et de leur apprentissage.

Du côté de l’Université Laval et de l’Université Sherbrooke, les blogues s’écrivent surtout par les étudiants. Et les stages à l’étranger sont l’occasion rêvée de s’exprimer et de transmettre un savoir acquis ailleurs.

Ainsi, sept étudiants du département d’anthropologie de l’Université Laval ont mis en ligne différentes chroniques de voyage, dont une participation à l’émission Radiomonde de Radio-Canada pour l’étudiant à la maîtrise André Martineau. Un petit tour sur son carnet de voyage en ligne témoigne que l’anthropologie est loin d’être une matière «plate»!

- Le blogue de droit de la sécurité et des affaires électroniques de Vincent Gautrais

- Polito (b)logue

- Blogues des étudiants département d’anthropologie de l’Université Laval

- Le carnet de voyage en ligne d’André Martineau