Sud-Soudan: voter contre un ver
(Agence Science-Presse) Le référendum sur l’indépendance du Sud-Soudan pourrait ajouter un pays aux Nations Unies... mais aussi, effacer une maladie de la surface de la Terre.
Plus d'informations:
Guinea worm disease, sur le site de l’Organisation mondiale de la santé
Programme d’éradication du ver de Guinée, par le Centre Jimmy Carter
Le ver de Guinée touchait 3 millions et demi de personnes il y a 25 ans. Ce chiffre est tombé à moins de 3000 l’an dernier, tous dans quatre pays d’Afrique... dont le Soudan. Et plus particulièrement, le futur Sud-Soudan. L’Organisation mondiale de la santé s’était fixé pour objectif, en 2004, d’éliminer cette maladie avant 2009, ce qui a été rendu impossible par les conflits armés.
Le ver de Guinée, ou dracunculose, est donc un ver, qui se transmet aux humains par l’eau contaminée. Il s’installe dans leur corps, où il migre vers les jambes. Une sensation de brûlure, des fièvres et de la nausée en sont les symptômes quelques mois plus tard, jusqu’à ce que le ver — qui peut alors atteindre 80 centimètres de long! — crée une poche de fluide à la surface de la peau : c’est le signe qu’il loge tout près et qu'il est prêt à sortir. La méthode traditionnelle pour s’en débarrasser est d’alors ouvrir la plaie et de commencer à accrocher le ver à un bâtonnet : à raison de quelques centimètres par jour, il s’enroulera autour jusqu’à ce qu’on puisse l’extraire.
Il n’existe pas de remède ni de vaccin, mais il s’est avéré possible de traiter le problème à la source, soit en décontaminant l’eau, soit en fournissant des appareils de purification de l’eau. C’est ce à quoi se sont notamment employé l’OMS et l’UNICEF ces dernières décennies.
C’est en février que les premiers cas de dracunculose sont rapportés chaque année au Soudan : cette année sera-t-elle la dernière? « Si la situation politique demeure stable », espère le directeur du programme d’éradication du ver de Guinée au ministère de la santé du Sud-Soudan. Selon le New Scientist, les 226 villages où des cas de ver de Guinée ont été recensés en 2010 souffrent de conflits entre bandes semi-nomades qui se battent pour l’accès à l’eau et aux pâturages. Avec l’indépendance et la baisse de la tension, l’aide internationale pourra entrer, espère-t-on.



