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Les débrouillards

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Maigrir sans peine

Isabelle Burgun, le 25 janvier 2011, 13h59

(Agence Science-Presse) Les régimes alimentaires riment souvent avec privation et frustration. À contre-courant avec les cures d’amaigrissement traditionnelles, une chercheuse québécoise fait l’hypothèse que se priver serait plutôt contre-productif.

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Manger autrement

Les nutritionnistes s’attachent actuellement à redéfinir les aliments en fonction de leurs nutriments plutôt que leurs simples calories. On trouve ainsi la méthode SAIN-LIM des chercheurs de l’INSERM/INRA basée sur deux indicateurs d’effets bénéfiques et défavorables pour classer les aliments. Le FoodProfil remplace aussi l’étiquetage traditionnel en mettant l’accent sur les bienfaits nutritionnels.

D’autres approches pavent aussi la route du bien manger, tel le Intuitive Eating – l’alimentation intuitive.

Mieux vaudrait aborder son alimentation de manière positive. « Notre pari est que la perte de poids n’est pas forcément associée avec la restriction. Réduire sa prise alimentaire développe souvent une obsession pour la nourriture et les aliments interdits », relève Simone Lemieux, professeure au département des sciences des aliments et de nutrition de l’Université Laval.

Pour le démontrer, son équipe de recherche a recruté 68 femmes obèses ménopausées. Divisées en deux groupes, des participantes suivaient un régime classique, évitant les aliments gras et caloriques tandis d’autres étaient encouragées à augmenter leurs portions de fruits et de légumes.

Après six mois, les participantes du second groupe – celles qui consommaient davantage de fruits et de légumes — avaient perdu du poids (moins cependant que celles du premier groupe), et n’avaient eu pas l’impression de se priver continuellement.

« Même quand elles n’ont pas de poids à perdre, les femmes ont tendance à se priver », soutient la chercheuse. Un tel « régime » pourrait avoir des conséquences sur leur qualité de vie.

Non aux restrictions!

Pour perdre des kilos, il faudrait selon la chercheuse plutôt revaloriser la bonne alimentation et apprendre à déculpabiliser les petits excès. « On ne doit pas placer des étiquettes ou même jouer émotivement avec les aliments. Il faut éviter les : “mange ta carotte pour faire plaisir à maman!” »

Plutôt que de miser sur le régime, la chercheuse pense que la manière d’intervenir s’avère tout aussi importante, en éliminant le langage restrictif (bon/mauvais) par exemple. Il faut aussi viser une bonne santé – physique, psychologique, qualité du sommeil, etc. – plutôt que des kilos en moins.

L’équipe de recherche veut développer des alternatives au régime traditionnel misant sur la réduction calorique. Ces stratégies laisseraient plus de place au plaisir de manger. « Il faut arrêter de compter les calories, mais s’attacher aux nutriments (vitamines, minéraux, etc.) et à la densité nutritive que chaque bouchée apporte », conclut la chercheuse.