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Les débrouillards

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E.T. n'a pas révisé cet article

Pascal Lapointe, le 7 mars 2011, 12h45

(Agence Science-Presse) Si vous êtes enclins à croire à l’annonce d’une « découverte » de bactéries dans une météorite, essayez d’autres articles du Journal of Cosmology: une curieuse revue scientifique qui semble obsédée par l’idée que la Terre ait été « ensemencée » par des météorites et des comètes.

© Robert Clay | Dreamstime.com

En soi, l’hypothèse n’est pas absurde, mais la nouvelle recherche, apparue en ligne vendredi et signée par « un spécialiste de la NASA » nommé Richard Hoover, aurait eu plus de poids si elle avait été publiée n’importe où ailleurs.

Le Journal of Cosmology, fondé en 2009, a d’abord reposé sur les épaules d’un seul individu, Rhawn Joseph, spécialiste auto-proclamé de la neurologie... et auteur du premier et seul article publié dans le premier numéro.

Il est important de savoir que ce n’est pas parce qu’il est écrit « peer reviewed » en haut à gauche de la page d’accueil que ça en fait une revue révisée par les pairs...

Une analyse plus rigoureuse — par la même chercheuse qui avait descendu en flammes la « bactérie à l’arsenic » en décembre — de l’article de Richard Hoover n’est guère plus encourageante :

Une préoccupation importante, avec ce type d’étude, est la contamination par des organismes terrestres avant l’examen. Il ne dit pas comment les météorites ont été entreposées avant qu’il les ait obtenues, ni comment la surface des météorites a été traitée avant d’être fracturée et examinée. Il ne dit pas comment elles ont été fracturées [...] Il dit que les outils ont été stérilisés, mais pas ce qu’étaient les outils ni comment ils ont été utilisés.

Quant à Richard Hoover, son statut de « spécialiste de la NASA », attire les soupçons, chez des blogueurs. Qu’une découverte potentiellement aussi importante puisse être endossée par la NASA, et en même temps publiée dans une revue aussi peu crédible, n’est pas du tout dans les habitudes de la NASA, écrit l’éditeur du site indépendant NASA Watch. Pas plus que le fait que la NASA n’ait pas publié le moindre communiqué de presse depuis vendredi. [ Ajout 7 mars, 18h10: Ce n'est finalement que lundi après-midi que la NASA a publié une brève réaction, où elle dit « ne pas pouvoir soutenir une affirmation scientifique à moins qu'elle n'ait été révisée par les pairs ». Or, cette étude avait été proposée à une revue en 2007, et rejetée.]

Tout ce qu’on sait de Hoover au moment d’écrire ces lignes, c’est qu’il a été embauché par la NASA en 1966, et qu’il a déjà fait, en 2007, des affirmations similaires qui manquaient de bases solides.

En attendant, le Journal of Cosmology avait publié le 14 février un communiqué annonçant qu’il mettait fin à ses activités ce printemps.

1 commentaire

Portrait de ydutil

Le Journal of Cosmology fait partie de ces publications scientifiques dont le contenu éditorial est gouverné par une idéologie. S'il y a quelques articles décents dans ce journal, la majorité des articles sont pathétiques. Par exemple, j'ai lu article qui affirmait que ce sont les CFC et non le CO2 qui est responsable des changements climatiques. L'article est bien construit seulement la conclusion logique à laquelle ont doit arriver c'est que personne au cours des 100 dernières années n'a été foutu de faire un calcul de transfert radiatif correctement! Le fait que l'auteur soit un physicien professeur d'université n'y change absolument rien. Une revue de littérature minimale aurait fait rejeter cet article.

L'émergence de ce type de publications est de plus en plus problématique, car il mine la crédibilité du processus de revue par les pairs.