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Lorsque le grand âge nuit

Isabelle Burgun, le 8 mars 2011, 16h58

(Agence Science-Presse) Des chercheurs québécois viennent de démontrer que face à un événement inattendu, les plus vieux d’entre nous – et donc les plus expérimentés – s’en sortent moins bien.

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Et plus le niveau de difficulté est élevé, moins les aînés tirent leur épingle du jeu. « Les plus âgés trouvent difficile de passer rapidement à l’action pour s’adapter au changement. Face à une nouvelle situation, favoriser le pilote automatique – se fier à ses acquis — ne fonctionnerait pas », explique Kevin Trewartha, doctorant au département de psychologie de l’Université Concordia et chercheur au Laboratoire sur le vieillissement cognitif et fonctionnel des adultes (Li Lab).

Pour le démontrer, l’équipe de recherche a réuni une quarantaine de participants, jeunes (19 à 36 ans) et âgés (60 à 75 ans), qui devaient pianoter différentes séquences à difficulté variable affichées sur un écran d’ordinateur. La coordination des mouvements et leur vitesse d’exécution étaient mesurées à l’aide d’un système de capture de mouvements 3D installé sur les doigts des participants. Les résultats de cette étude ont été publiés dans une récente édition du Journal or Gerontology.

Ces résultats ne sont pas une grande surprise. Les plus jeunes exécutent plus vite leurs mouvements et planifient moins. Mais les aînés s’amélioraient aussi avec la pratique : plus ils pianotent, plus ils acquéraient de la souplesse face aux séquences difficiles. « La familiarité leur permettra de s’améliorer même s’ils ont de moins bons réflexes que leurs cadets », pense le chercheur.

Un déclin inévitable

Avec l’âge, le cerveau doit composer avec de nombreuses diminutions et pertes. En effet, le vieillissement sonnera l’heure du déclin des capacités cognitives et motrices. Un ralentissement que tente de compenser le cerveau humain avec plus ou moins de succès.

Les signaux neurologiques diminuent eux aussi. « Ce qui augmentera d’autant la difficulté d’exécuter des tâches moins familières, ou plus exigeantes. »

S’adapter à une situation imprévue serait utile pour l’exécution de tâches aussi simples que la conduite automobile ou traverser – au passage pour piétons — une grande artère urbaine. Ce que de nombreux aînés renoncent encore souvent à faire.