Pour contrecarrer le peu de place qu’on lui accorde dans les médias traditionnels, le journalisme scientifique pourrait prouver sa pertinence sur les nouvelles plateformes Web. Mais encore faut-il lui accoler un modèle économique viable…

C’est l’une des conclusions formulées par Valérie Borde, journaliste et blogueuse pour le magazine L’Actualité lors d’un récent séminaire organisé par la Chaire de journalisme scientifique de l’Université Laval, auquel étaient également conviés André Picard, journaliste au Globe and Mail et David Secko, professeur en journalisme scientifique à l’Université Concordia.

La journaliste est persuadée que « le journalisme scientifique a un rôle important à jouer. Il doit devenir une référence dans le fouillis général. » Dans une crise de grande ampleur, comme celle vécue par le Japon, on y fait appel pour s’y retrouver, « pour ramener le débat à la bonne place », rappelle-t-elle.

Mais cette expertise n’est pas valorisée. Les médias québécois emploient très peu de journalistes scientifiques. Parmi les 2100 adhérents de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, seulement 45 déclarent en effet les sciences et les technologies comme centres d’intérêt.

L’avenir du journalisme scientifique passera-t-il par le web qui offre de nombreuses possibilités? Les jeux et les questionnaires sont un des moyens d’introduire et de valoriser l’information scientifique, explique Valérie Borde. Les nouveaux outils technologiques permettent aussi de mêler sons, graphiques, vidéo aux textes. Les contenus deviennent beaucoup plus interactifs et donc plus attrayants.

David Secko croît qu’il faut aussi savoir s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs. Mais attention, nuance André Picard, « il ne faut pas non plus tomber dans les pièges de la toile. On est obsédé par la vitesse et non par la qualité, il faut se garder le luxe de penser avant d’écrire ».

Et qu’en est-il de ce modèle économique? Une présence sur le Web peut-elle être rentable? André Picard estime que c’est dans la spécialisation, notamment scientifique, qu’il faut la rechercher. Si le public cible est bien délimité, il sera plus facile d’attirer des annonceurs publicitaires.