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L'obsession d'une 2e Terre

Agence Science-Presse, le 7 décembre 2011, 17h16

(Agence Science-Presse) Elle fait deux fois et demi notre planète, au point où elle pourrait ne même pas avoir de surface solide. Pendant qu’on s’excite sur cette première planète «habitable», les astronomes y voient plutôt un amuse-gueule en vue de découvertes plus intéressantes.

À lire:

- Cette obsession d’une « deuxième Terre », par l’auteur de science-fiction Robert J. Sawyer (7 décembre).

- Est-ce que la vie pourrait exister là-bas? Entrevue avec l’astrobiologiste Paul Davies.

- Vous ne l’avez pas senti, mais nous sommes entrés dans l’âge des planètes, écrit l’auteur et astrophysicien Adam Frank

- Qu’est-ce qu’une « planète de classe M », comme ils disent dans Star Trek?

- Comment fonctionne Kepler (août 2009).

- Et le site du télescope spatial Kepler. Ci-bas: la conférence de presse de la NASA annonçant la découverte (5 décembre 2011).

En matière de «deuxième Terre», on est en effet encore loin du compte. Compte tenu de sa taille, cette planète Kepler 22b, qui a eu l’honneur de tous les médias d’une autre planète, pourrait, pour autant qu'on sache, n’être qu’une boule de gaz comme Jupiter. Autrement dit, ni surface solide ni océans. Si tel est le cas, la vie est reléguée à une planète ultérieure.

Certes, le télescope spatial Kepler ne fait que commencer à faire parler de lui. Lors de la conférence de presse lundi, la NASA a souligné à grands traits que Kepler avait accumulé (depuis 2009) dans sa besace 2326 planètes candidates —candidate veut dire qu’une infime variation de la lumière de l’étoile a été détectée, mais qu’il en faut deux autres avant de pouvoir confirmer qu’il s’agit bel et bien d’une planète. Parmi elles, 207 seraient à peu près de la taille de la Terre. Plus le temps passe et plus les confirmations risquent de se multiplier.

Ce qui est à espérer, parce qu’avec cette planète-ci, en apprendre davantage est hors de notre portée. Non seulement on touche aux limites du détectable pour le télescope Kepler, mais même l’idée d’envoyer là-bas une sonde spatiale —déjà évoquée!— laisse songeur quant au sérieux de ceux qui l’ont suggéré: à 600 années-lumière, on parle d’un voyage qui se mesurerait en millénaires, et encore, avec une technologie supérieure à la nôtre.

Avec l’équivalent de nos navettes spatiales ou de nos fusées Soyouz, c’est plutôt de millions d’années qu’il faudrait parler, rien que pour franchir ces 600 années-lumière.

En théorie, il serait possible d’en savoir plus sur Kepler 22b —ou sur une des découvertes à venir— avec un télescope plus puissant, capable de «voir» si cette planète a une atmosphère, et si celle-ci contient de l’oxygène et de la vapeur d’eau.

Mais un seul monde ne suffirait pas: Vénus a de l’oxygène dans son atmosphère, mais bien d’autres éléments irrespirables. C’est par l’accumulation de «deuxièmes Terre» contenant de l’oxygène qu’on aurait un indice sérieux comme quoi l’évolution vécue ici n’est pas si rare dans le cosmos.

1 commentaire

Portrait de Carl-Dave

Wow, super bel article que vous nous présentez-là, j'ai regarder toute en partie la vidéo, car je ne comprend pas beaucoup l'anglais, je le regrette vu la tonne d'information, mais j'ai adoré!

Vraiment très loin 600 années-lumières c'est pas demain la veille que l'on verra ne serait-ce des photos!

Rêver et comprendre, c'est ce que nous avons de beau tant que l'on ne détériore pas trop notre planète avec toutes ces fusées..!

Merci encore! ;)