Sur la pente du grand âge, la force physique diminue inexorablement. Ce déclin réduit la mobilité des plus vaillantes personnes âgées. Mais pas toutes, car certaines parviennent à rester très actives.

Même si l’on associe grand âge et perte musculaire, le déclin se produit pourtant beaucoup plus tôt. Dès 30 ans, une fraction de la masse musculaire est perdue –1% tous les 7-8 ans– et à partir de 50 ans, ce sont 10% tous les trois ans.

Et tous ne sont pas égaux. «Chez les femmes, la ménopause accélère les signes du vieillissement. La diminution de la production d’œstrogènes accélère cette perte musculaire», explique Mylène Aubertin-Leheudre, chercheuse au département de kinanthropologie de l’UQÀM.

Le meilleur indicateur de santé physique reste la mesure de la qualité musculaire que les chercheurs définissent par le rapport entre la force musculaire et la masse musculaire.

Ils s’intéressent avant tout à la «dynapénie», la perte de la force musculaire. Car la diminution de la masse musculaire liée à l’âge n’explique pas tout.

Le déclin de la force s’avère plus complexe. Il correspond à une diminution de réponse des fibres musculaires et survient lorsque les signaux du système nerveux ne parviennent plus à jouer sur la contractibilité des fibres.

«Pour la préserver, il faut stimuler cette force et rester actif. En d’autres mots: faire du sport adapté à son âge –yoga et tai-chi en tête— et bouger au quotidien», recommande la chercheuse.

Son équipe de recherche développe des tests pour aider les médecins et les gériatres à évaluer la santé physique de leurs patients aînés. La chercheuse se penche aussi sur la santé des personnes âgées actives: pourquoi certains aînés parviennent à conserver leur force et d’autres, non.

Mis à part le sport, des pistes de réponse existeraient également du côté de l’alimentation, bien qu’avec l’âge, on reconstruit moins sa masse musculaire que ce qu’on gagne en poids. Il faut donc de toutes les manières penser à bouger pour rester mobile le plus longtemps possible.