«La recherche fait vraiment la différence». Ces mots, martelés par Gro Harlem Brundtland, ex-première ministre de la Norvège et leader international du développement durable, n’ont cessé de résonner dans la grande salle du Palais des congrès, où s’amorçait hier la Conférence de l’Année polaire internationale, un événement réunissant plus de 2600 participants provenant de 47 pays.

Lors de cette plénière d’ouverture, l’envoyée spéciale du secrétaire des Nations Unies pour les changements climatiques a insisté sur l’importance des connaissances acquises en sciences polaires au cours des quatre dernières années.

«Le temps est maintenant venu de regarder ce que nous obtenons en retour [de ces recherches] et de considérer ce que nous devons faire avec ces nouvelles connaissances», a-t-elle déclaré en applaudissant la collaboration des milliers de scientifiques dont les résultats de recherche seront présentés à Montréal cette semaine.

Devant un parterre plein, elle a aussi dénoncé le sort du protocole de Kyoto et a encouragé tous les pays à l’action. «Le message au monde entier est clair: nous devons réduire nos émissions de gaz à effets de serre. Nous ne pouvons pas nous permettre de balayer cette entente du revers de la main sans avoir une solution de rechange crédible.» La récente mobilisation de milliers de Canadiens lors du Jour de la Terre constitue un signe d'espoir, a-t-elle aussi mentionné.

Rappelant que les émissions de 2010 ont dépassé tous les records, elle en a appelé à la création d’un nouveau régime planétaire de réduction des gaz à effet de serre. Elle cite, comme une solution encourageante, l’action rapide sur les agents de forçage du climat de courte durée –le méthane, le noir de carbone et l’ozone– mise de l’avant dans un récent rapport du programme des Nations Unies pour l’environnement. Cette solution, estime-t-elle, nous permettrait de «retrouver du temps que nous avons déjà perdu».

Enfin, elle a tendu la main aux communautés du nord de la planète. «Leurs connaissances sont requises pour mieux comprendre leur bien-être et leur environnement», a-t-elle affirmé, s’inquiétant du même souffle que ces communautés souffrent de plus de problèmes de santé qu’une majorité de la population mondiale.

Le Sommet de la Terre de Rio: 20 ans plus tard

Le Sommet de la Terre de Rio en 1992 a été une percée capitale, souligne celle qui a présidé la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies en 1987.

À quelques semaines d’une rencontre à Rio pour souligner les vingt ans de ce sommet, elle se dit optimiste face aux actions des gouvernements pionniers en matière de développement durable et aux entreprises privées prêtes à contribuer à l’effort environnemental.

Selon elle, les prochaines initiatives viendront de la recherche. «Le monde doit mettre la science au centre du développement durable. La recherche polaire est importante pour comprendre ce qui se passe aux pôles, mais elle est maintenant plus importante pour comprendre la planète entière. »

Pour suivre la conférence sur Twitter: #IPY2012 ou @IPY2012