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Les mathématiques des sites de rencontre

Agence Science-Presse, le 16 mai 2012, 13h14

(Agence Science-Presse) Incroyable, mais vrai: il se glisserait des erreurs dans les sites web de rencontre.

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Pour en savoir plus:

- Eli J. Finkel et al., «Online Dating. A Critical Analysis From the Perspective of Psychological Science», Psychological Science in the Public Interest, janvier 2012.

- Deux des auteurs ont publié une version allégée: «The scientific flaws of online dating sites», Scientific American, 8 mai 2012.

Et pour qui voudrait creuser davantage:

- R. Matthew Montoya et al., «Is actual similarity necessary for attraction?», Journal of Social and Personal Relationships, 2008.

Cinq psychologues américains ont voulu creuser scientifiquement une épineuse question: quelle est l’efficacité d’un site de rencontre? Car ces sites ont beau se compter par milliers, de la grande multinationale jusqu’à la petite entreprise locale, ils n’en sont pas moins sur la même longueur d’onde: tous affirment que leur méthode pour trouver un partenaire est supérieure aux méthodes «traditionnelles» —celles du lointain 20e siècle.

Qu’en est-il réellement? Eh bien selon ces cinq psychologues, les sites en ligne ne sont pas meilleurs que les lieux de rencontre «hors ligne», et il se pourrait même qu’ils soient moins efficaces, tout dépendant des calculs qu’on utilise.

En revanche, il est tout de même une statistique à leur avantage: aujourd’hui aux États-Unis, une nouvelle relation sur cinq commencerait en ligne. Mais, soulignent Eli J. Finkel, de l’Université Northwestern (Illinois) et ses quatre collègues, c’est une statistique trompeuse: rien ne permet d’affirmer que ces gens n’auraient pas tout autant trouvé quelqu’un dans l’ère pré-Internet.

En réalité, un site de rencontre est spécialement utile pour...

... des gens qui ont récemment déménagé dans une nouvelle ville et manquent d’un réseau d’amis solide, ou qui appartiennent à une orientation sexuelle minoritaire, ou qui sont très sollicités par d’autres activités, comme le travail ou la garde d’enfant, au point où ils ne peuvent trouver le temps de participer à des événements réunissant d’autres célibataires.

Sauf que, complètent-ils dans un article de vulgarisation publié par le Scientific American, ce sont ces forces «qui rendent si décevantes les faiblesses de l’industrie des rencontres en ligne». Et les raisons de ces faiblesses sont au nombre de deux:

  1. La surdépendance à l’égard des descriptions que donnent d’eux-mêmes les usagers; forcément, ceux-ci ont tendance à grossir leurs qualités et gommer leurs défauts, et —études à l’appui— ceux et celles qui lisent ces descriptions sont dans l’incapacité de dégager le vrai... du moins vrai.
  2. Et l’insistance exagérée sur «les algorithmes de rencontre». Autrement dit, l’industrie aurait un peu trop tendance à faire croire qu’elle s’appuie sur des méthodes «mathématiques» pour réunir deux âmes soeurs.

D’un point de vue scientifique, il y a deux problèmes avec les affirmations des sites de rencontre. Le premier est que ces sites qui proclament leur crédibilité scientifique n’ont pas présenté une seule preuve qui convaincrait quiconque possédant une formation scientifique. Le deuxième est que le poids de la preuve scientifique suggère que les principes sur lesquels se basent les algorithmes de rencontre —similarité et complémentarité— ne peuvent pas arriver à un niveau notable de succès.

Bien sûr, la faible crédibilité scientifique de ces «calculs» ne dit rien sur ce qui se passera après la rencontre. Mais là, on sort de la science...