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Rendez-vous avec Vénus

Agence Science-Presse, le 1 juin 2012, 8h06

(Agence Science-Presse) Les amateurs d’histoire et d’aventures se souviennent du capitaine James Cook, explorateur du Pacifique. Mais qui se souvient qu’il était aussi parti à la chasse du transit de Vénus?

Observatoire de Paris, en juin 2004.
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Observatoire de Paris, en juin 2004.

Attention aux yeux

Il faut le rappeler avec chaque éclipse: on ne regarde jamais directement le Soleil. On l’observe à travers la lentille d’un télescope doté du filtre approprié (comme lors des éclipses solaires), ou bien par l’intermédiaire de la bonne vieille boîte de carton: un trou pour faire entrer la lumière du Soleil, laquelle est projetée au fond de la boîte. Si le trou est assez grand, la «tache» créée par Vénus y apparaîtra, correspondant à 1/32 de la taille du Soleil.

Ça commence à 18h09, heure de Montréal: ce qui signifie que les plus chanceux seront dans l’ouest de l’Amérique du Nord —voire dans le Pacifique— là où le Soleil sera encore haut dans le ciel. Outre-Atlantique, il faudra se lever dès l’aube pour en voir la fin.

Le transit commence à 18h09, heure de Montréal, 22h09 GMT, le 5 juin, et se termine à 4h49 GMT le 6 juin.. Carte mondiale: où et quand.

Pour en savoir plus:

- La meilleure synthèse par laquelle commencer: Phil Plait, Bad Astronomy. Qu’est-ce qu’un transit, que surveiller sur Internet... Et assez de références pour vous occuper jusqu’en 2117.

- Quelques informations en français: le Planétarium de Montréal et activités publiques au Québec.

- Une bande dessinée, eh oui, Le Transit de Vénus, en six langues.

- Un article sur les contributions de scientifiques français (Techno-Science).

- La page Transit de Vénus de la NASA
et du projet européen GLORIA: le premier projet de «télescopes robotisés» accessibles à tous.

- Diffusion télé: les gens du projet GLORIA promettent une diffusion en direct depuis l’Australie, le Japon et la Norvège, de même que ceux de la NASA, depuis l’observatoire du Mauna Kea, à Hawaii, qui se trouve dans l’axe idéal.

Les 5 et 6 juin, notre plus proche voisine passera directement entre nous et le Soleil. Un point noir sur le disque jaune. C’est «le» gros événement qui excite en ce moment des millions d’amateurs d’astronomie à travers le monde. D’autant plus qu’il ne se reproduira que le 11 décembre 2117.

La mécanique céleste semble pourtant si simple —la Terre tourne autour du Soleil en 365 jours, Vénus en 225 jours: ne devraient-elles pas se croiser plus souvent? Après tout, le dernier transit de Vénus ne remonte qu’à 2004?

La réponse en deux mots: si les choses étaient aussi simples, Vénus offrirait en effet ce spectacle tous les 19 mois. Mais son orbite est légèrement inclinée par rapport à la nôtre, et c’est ce qui complique les calculs. Résultat: les transits se produisent par paires, d’abord deux fois à huit années d’intervalle, puis la paire suivante un siècle et des poussières plus tard.

James Cook, explorateur de Vénus

Les astronomes de l’époque de James Cook l’avaient déjà calculé en 1769 (le premier transit dûment documenté, merci au télescope, remonte à 1638). Ils savaient que l’événement de leur 3 juin 1769 serait suffisamment rare pour mériter beaucoup d’efforts. Et c’est ainsi que Cook —et d’autres marins et scientifiques— se sont retrouvés en charge d’apporter des éléments de réponse à une difficile question pour l’époque: à quelle distance sommes-nous du Soleil?

Il reste même une trace de cet effort scientifique international, sur l’île de Tahiti, dans le Pacifique Sud: un lieu appelé Point Vénus, là où Cook a jeté l’ancre.

Aujourd’hui, les astronomes n’ont plus besoin de Vénus pour mesurer les distances, et les efforts scientifiques internationaux ont d’autres cibles. Mais le transit s’est transformé en une opération pédagogique internationale: il n’y aura jamais eu autant d’astronomes amateurs pour parler de Vénus en même temps que pendant les 7 heures chevauchant les 5 et 6 juin.

Plus précisément : le soir du 5 juin pour les amateurs en Amérique du nord (ou dans le Pacifique ouest) et le matin du 6 pour ceux en Europe ou en Afrique de l’ouest.

De Vénus aux planètes extrasolaires

Le tout, quand même assaisonné d’un peu de science : cinq observatoires du Soleil et six satellites sont impliqués.

Et il se trouve que Vénus peut nous apprendre quelque chose dont les contemporains de Cook n’auraient même pas soupçonné l’existence: comment décoder les images que nous aurons peut-être, un jour, de planètes tournant autour d’autres étoiles que notre Soleil.

Parce qu’une des méthodes pour détecter ces planètes, c’est justement le transit: les astronomes espèrent que dans les années à venir, de plus en plus de ces planètes extrasolaires seront observées parce qu'elles passeront directement en face de leur étoile, par rapport à nous. Bien que Vénus soit infiniment plus près de nous qu’une planète extrasolaire, c’est une occasion unique —pas avant 2117— de tester deux ou trois théories sur l’optique et sur ce qu’une telle observation peut trahir quant à l’atmosphère entourant une planète.

Quant aux autres, profitez du spectacle.

1 commentaire

Portrait de ydutil

Petit note historique. James Cook reçu sa formation en astronomie par Samuel Holland lors de la guerre de Conquête. À Québec, le transit de 1769 a été observé par Samuel Holland et Lemaire Saint-Germain alors que Thomas Wright l'observa de l'île aux Coudres.