Publicité
lesdebrouillards_1.jpg

Les débrouillards

Autre action

Actualité

Curiosity: la fin d'une époque

Agence Science-Presse, le 3 août 2012, 8h59

(Agence Science-Presse) Savourez bien Curiosity, ça pourrait être la dernière sonde martienne de son espèce avant longtemps. Du moins, s’il n’en tient qu’aux Américains.

Curiosity: la fin d'une époque
Cliquer sur la photo pour agrandir
Curiosity: la fin d'une époque

MISE À JOUR 6 août:: Curiosity arrivé sur Mars sans encombres. Premières photos reçues. Les autres s'afficheront au fur et à mesure ici. (le 4e paragraphe ci-contre a été ajusté en conséquence).

Détails sur "l'amarsissage" réussi, par Nature News (6 août, 2h51).

Les humains envoient leur curiosité sur Mars, par Bad Astronomy. (6 août, 3h23)

Pour en savoir plus:

- La page de la NASA sur Curiosity, ou le Mars Science Laboratory: pour suivre en direct l'arrivée sur Mars.

- Parmi les nombreux autres endroits où vous pouvez suivre l'arrivée sur Mars: votre XBox! La NASA a en effet conçu un simulateur qui vous permet de tenter de faire atterrir Curiosity vous-même.

- Les 7 minutes de terreur: présentation interactive de la descente dans l'atmosphère martienne et des 7 dernières minutes.

Les budgets déclinants de la NASA et les premiers pas d’une exploitation commerciale de l’espace ne permettront pas de sitôt une mission de 2,5 milliards$.

D’un autre côté, ces robots qui ont roulé sur la planète rouge et gratté sa surface ont permis de davantage déblayer le terrain qu’on ne l’imagine: les géologues, les chimistes et —en rêvant un peu— les biologistes savent désormais mieux quoi cibler, de sorte que les futures missions martiennes pourront ratisser moins large et par conséquent, coûter moins cher. Du coup, devenir accessibles à d’autres que le géant américain.

Et ce n’est pas tout à fait fini, puisque ces connaissances acquises depuis les années 1970 ont encore deux années pour s’élargir.

Après les États-Unis, à qui le tour?

Dans le futur, différents pays auront des objectifs scientifiques (et politiques) différents, raconte le New Scientist (article réservé aux abonnés): le projet ExoMars de l’Agence spatiale européenne, pensé spécialement pour la recherche de vie, consiste en un engin en orbite (en 2016) et un robot sur roues (en 2018). Ce devait être à l’origine un partenariat avec la NASA, mais l’ESA fait essentiellement cavalier seul, avec une contribution russe.

Plus modestement, l’Inde prévoit toujours, aux dernières nouvelles, lancer une sonde vers l’orbite martienne en novembre 2013. Peu importent ses objectifs propres, elle contribuera aux communications entre la Terre et les engins des autres pays qui rouleront alors sur Mars, incluant Curiosity. Plus modestement aussi, les États-Unis ne seront pas complètement sortis du décor: une sonde orbitale, MAVEN, doit également partir en 2013, pour étudier l’atmosphère ténue. Un véhicule, plus petit et moins coûteux, InSight, est sur les planches à dessin.

Et la Chine n’acceptera sans doute pas d’être laissée sur la touche. Elle a perdu une grosse chance de montrer son talent, en novembre dernier, lorsque la sonde russe Phobos-Grunt, qui transportait un micro-satellite chinois destiné à l’orbite martienne, a cessé d’émettre peu après son décollage, puis est retombée dans l’océan.

Mais le joueur capable de prendre tout le monde par surprise pourrait être l’entreprise privée. Pour l’instant, il n’existe pas de bénéfices commerciaux à tirer d’une mission vers Mars, mais il n’est pas dit qu’on n’en trouvera pas d’ici 15 ans, moment où, à en croire le fondateur de la compagnie californienne SpaceX, celle-ci pourrait envoyer une mission vers Mars (SpaceX est celle qui a réussi en mai le premier arrimage «privé» avec la station spatiale). Par exemple, s’il venait à l’idée d’un pays d’envoyer des humains là-bas dans les années 2030 ou 2040, un entrepreneur audacieux pourrait y voir une opportunité d’affaires...