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Élections Québec 2012

4 questions aux partis politiques

Je vote pour la science, le 21 août 2012, 23h45

(Agence Science-Presse) À l’occasion de la campagne électorale québécoise, l’initiative Je vote pour la science —cinq organismes québécois, dont l’Agence Science-Presse— a envoyé quatre questions aux partis politiques afin qu’ils se compromettent sur autant d'enjeux à caractère scientifique. Voici les réponses des cinq principaux partis.

4 questions aux partis politiques
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4 questions aux partis politiques

Quatre questions ont été envoyées aux cinq principaux partis politiques québécois au début de cette campagne électorale. Vous trouverez ici la version complète des réponses reçues par les cinq partis, par ordre alphabétique: la Coalition Avenir Québec, Option Nationale, le Parti libéral, le Parti québécois et Québec Solidaire. Ces quatre questions correspondaient à autant de thématiques à teneur scientifique qui auront fait bien peu parler d'elles pendant la campagne :

  1. Le vieillissement de la population
  2. Exploitation des ressources naturelles et impact environnemental
  3. Expertise dans le secteur public
  4. Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation

L’initiative Je vote pour la science est formée par cinq organismes québécois de culture scientifique: l’Agence Science-Presse, l’Association des communicateurs scientifiques, l’Association francophone pour le savoir — Acfas, le Coeur des sciences de l’UQAM et Science pour tous.

1- Vieillissement de la population.
Au cours des prochaines années, la société québécoise connaîtra des bouleversements importants avec le renversement de la pyramide des âges. Ce phénomène démographique prévisible, mais inusité résultera en un vieillissement important de la population et fera apparaître plusieurs problèmes qui commencent déjà à se faire sentir, qu’ils soient de nature économique, sociale, budgétaire, administrative, éthique, en plus de constituer des enjeux importants de santé publique.

Quels sont les engagements de votre parti envers la compréhension et la résolution des multiples problématiques (santé, transport, fiscalité, éthique, etc.) entourant le vieillissement de la population québécoise? Sur quelles données scientifiquement établies vos engagements sur cette question se basent-ils? (max 250 mots)

Réponse de la Coalition avenir Québec

Un gouvernement de la Coalition Avenir Québec accordera une attention particulière à l’impact du vieillissement de la population sur la santé et l’économie. Dans les prochaines années, beaucoup de travailleurs québécois se retrouveront à la retraite. Nous nous ferons donc un devoir d’encadrer et de mettre en place des mesures pour soutenir nos aînés. C’est pourquoi la Coalition Avenir Québec s’engage à leur offrir une meilleure qualité de vie.

Un gouvernement de la Coalition Avenir Québec s’engage à faire des soins à domicile sa priorité en matière de services aux personnes âgées, ce qui permettra à la fois d’augmenter significativement la qualité de vie et l’état de santé général des patients et d’absorber l’impact lié au vieillissement de la population. À cette fin, il s’engage à :

  • augmenter les budgets consacrés aux soins à domicile et au maintien à domicile des personnes âgées, incluant le soutien apporté aux aidants naturels ;
  • mettre en place des mesures de monitorage des fonctions physiologiques des personnes recevant des soins à domicile afin d’intervenir rapidement en cas de détérioration de leur état de santé et d’assurer leur sécurité ;
  • revoir les règles d’accès et de financement de l’hébergement et du soutien à domicile pour tenir compte des besoins réels et des capacités fonctionnelles des clientèles ;
  • instaurer des règles de réévaluation périodique des budgets consacrés aux soins à domicile pour répondre à l’augmentation des besoins causés par le vieillissement de la population.
  • Un gouvernement de la Coalition Avenir Québec prendra aussi en charge de manière résolue les problèmes notés dans la qualité des soins offerts à nos aînés dans les CHSLD, résidences et ressources intermédiaires. Outre accroître le nombre et la fréquence des inspections et s’assurer de rendre disponibles des mécanismes efficaces de formation pour toute personne intervenant auprès des aînés, il mettra en place des mesures pour assurer que leurs dirigeants soient pleinement imputables de la qualité des soins qui y ont prodigués.

Un gouvernement de la Coalition Avenir Québec élaborera aussi une politique intégrée de conciliation retraite-travail permettant aux travailleurs plus âgés qui le désirent de demeurer sur le marché du travail tout en réduisant leurs heures de travail

Enfin, un gouvernement de la Coalition Avenir Québec verra à l’introduction d’une déclaration de revenus grandement simplifiée pour les personnes âgées de 65 ans et plus ne déclarant pas de gain en capital ou de revenu d’emploi, de location, de dividendes, d’entreprises ou de commissions et ne réclamant pas l’application de certains crédits et déductions.

Réponse d’Option Nationale

Le vieillissement de la population cause essentiellement une augmentation des coûts en santé et allonge les retraites.

L’augmentation des coûts en santé en raison du vieillissement ne doit pas éluder les vrais déterminants que sont entre autres la pauvreté, le coût des médicaments et l’informatisation de notre système de santé sur lesquels nous pouvons agir. En effet, nous savons que 20 % des coûts en santé sont attribuables à la pauvreté ; qu’en 2011, 19,7% des dépenses québécoises en santé étaient attribuables aux médicaments et que plusieurs études ont montré qu’une augmentation de la productivité issue d’une informatisation rigoureuse des systèmes de santé pourrait donner des économies substantielles .

Ainsi, au lieu de proposer de cesser de payer pour les soins de nos aînés en privatisant la santé, Option nationale croit qu’il faut plutôt agir sur les véritables leviers en :

  1. faisant de la prévention une priorité nationale engageant entrepreneurs, municipalités, écoles, pour agir sur les coûts engendrés par la pauvreté et les mauvaises habitudes,
  2. créant Pharma-Québec, une société d’État pour contrôler le coût des médicaments et pouvant produire ses propres médicaments génériques,
  3. accélérant l’informatisation du système de santé.

Bien sûr, un Québec souverain, exempt des aléas des transferts fédéraux en santé, pourrait mieux mettre en œuvre ces réformes.

L’allongement des retraites rend l’épargne cruciale pour les travailleurs. Nous devons protéger ces acquis en :

  1. instaurant un fonds d’indemnisation pour les victimes de crimes économiques,
  2. priorisant les fonds de pension des travailleurs en cas de liquidation des actifs d’une entreprise.

Réponse du Parti libéral du Québec

Notre gouvernement a lancé, le 3 mai 2012, la première politique sur le vieillissement: Vieillir et vivre ensemble. Cette politique tient compte des réalités démographiques auxquelles nous faisons face. Elle comprend un ensemble de mesures qui permettront de mieux répondre aux besoins des aînés et de favoriser un vieillissement actif.

Nous souhaitons offrir aux aînés les meilleures conditions possibles afin qu’ils puissent demeurer dans leur milieu de vie aussi longtemps qu’ils le souhaitent et contribuer pleinement au développement économique, social et culturel du Québec. Les sommes prévues pour sa mise en œuvre seront de 2,7 G$ sur 5 ans. Cette politique pave la voie à un nouveau contrat social qui unira les Québécois sans égard à leur âge. Elle est la suite logique d’une série de mesures déjà mises en place depuis 2003.

Nous avons aussi déterminé de nouvelles priorités pour le nouveau mandat qui nous attend:

  • Soutenir les proches aidants en bonifiant le crédit d’impôt remboursable auquel ils ont droit.
  • Nous développerons un programme pour favoriser l’acquisition ou la rénovation de propriétés en maisons intergénérationnelles.
  • Nous investirons dans la rénovation des CHSLD partout dans la province afin de favoriser des milieux de vie plus agréables, plus conviviaux et plus sécuritaires pour nos aînés.
  • Nous ajouterons un nombre important de places additionnelles en ressources intermédiaires pour les personnes en perte d’autonomie.

Réponse du Parti québécois

Le vieillissement de la population impose des changements majeurs dans la prestation et le financement du système de santé et des services sociaux. Nous croyons que le déploiement d’un vaste réseau de soins et de services à domicile est la solution. Un tel virage permettra d’offrir aux personnes en perte d’autonomie des soins et des services plus humains et plus nombreux. Il permettra de désengorger les établissements, notamment les urgences, et, à terme, de réduire les coûts de santé liés au vieillissement de la population. Autre avantage : la création d’un vaste réseau de soins et de services à domicile offrira à des milliers de femmes et d’hommes des emplois de qualité dans toutes les régions du Québec.

Nos engagements sont issus d’une réflexion basée sur les données et statistiques fournies par les différents ministères, sur différents rapports issus de consultations publiques, sur des études gouvernementales et universitaires. Les recommandations de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux et de l’Institut national de santé publique du Québec ont également contribué à étayer notre réflexion. Nos engagements reposent en partie sur l’expertise d’un de nos candidats, le docteur Réjean Hébert, professeur titulaire et chercheur au Centre de recherche sur le vieillissement et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke et médecin gériatre, gérontologue et épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec, qui a d’ailleurs participé à la consultation publique sur les conditions de vie des aînés. Dr Hébert a notamment étudié les systèmes adoptés par différents pays du monde pour gérer les effets du vieillissement de la population.

Réponse de Québec Solidaire

Québec solidaire appuie ses engagements en matière de santé sur des recherches en santé publique et des études socio-économiques. Celles-ci nous éloignent de la peur du vieillissement de la population. Nous savons que ce n’est pas le premier responsable de la hausse des coûts dans le système de santé. C’est pourquoi nous proposons la création de Pharma-Québec, un pôle d’acquisition et de production de médicaments qui, jumelé à un régime d’assurance-médicaments universel, nous permettra d’économiser 2,7 milliards de dollars.

Notre vaste réseau de transport en commun électrifié ne sera pas seulement un grand pas pour l’environnement, il aidera à briser l’isolement des personnes âgées qui ne peuvent plus conduire. Partout, nous assurerons son accessibilité financière et viserons la gratuité dans un horizon de 10 ans. Pour assurer des retraites dignes, Québec solidaire propose de bonifier les retraites de tous les travailleurs et travailleuses en étendant le régime de retraite du Québec pour en faire un régime universel de retraite couvrant jusqu’à 60 % du salaire gagné.

En somme, nous basons nos politiques sur des données probantes, pas sur la peur du vieillissement.

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2- Ressources naturelles et environnement
On a beaucoup parlé ces dernières années d'exploitation de gaz de schiste et de pétrole, et plus récemment, des ressources naturelles dans le Nord du Québec. Toutefois, peu d’études indépendantes mesurant l’impact de cette exploitation sur l’environnement ont été menées.

Quels engagements votre parti prend-il pour mesurer de façon scientifique l'impact tant environnemental qu’économique de l'exploitation de ces ressources et ainsi assurer un développement durable et éclairé de notre patrimoine naturel? (max 250 mots)

Réponse de la Coalition avenir Québec

Pour la Coalition avenir Québec, l’exploitation des Ressources naturelles est importante pour le développement du Québec, mais nous ne devons pas fermer les yeux sur les enjeux environnementaux et sociaux qu’implique l’exploitation de certaines ressources.

D’ailleurs, nous proposons un moratoire formel sur toute fracturation liée à l’exploration ou à l’exploitation du gaz de schiste, et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement et de la santé des populations locales.

Un gouvernement de la Coalition Avenir Québec révisera aussi la Politique nationale de l’eau pour que l’exploitation industrielle ou commerciale de cette richesse collective des Québécois, incluant son utilisation dans les procédés industriels, ne puisse se faire sans payer de justes redevances.

La Coalition est également favorable à une exploitation responsable des ressources du Golfe du Saint-Laurent. Par contre, des études d’impact indépendantes et sérieuses, un vaste débat et de larges consultations devront être menés pour documenter le caractère sécuritaire du développement de ces réserves énergétiques.

Réponse d’Option Nationale

Concernant les gaz de schiste, Option nationale imposerait un moratoire sur leur exploitation jusqu’à ce que des études indépendantes aient pu prouver que leur exploitation respecte les principes de développement durable. Un Québec souverain aurait sa propre science gouvernementale qui serait mandatée, entre autres, d’analyser l’impact environnemental de telles exploitations sur notre territoire.

Concernant plus généralement les ressources naturelles, Option nationale les nationaliserait à la manière de la Norvège, c’est-à-dire en rémunérant le privé pour son travail d’exploration et d’exploitation, mais en gardant la valeur sur la propriété de la ressource. Là aussi, la science gouvernementale aurait un rôle à jouer dans l’étude de l’impact, mais aussi du potentiel des régions du Québec en ressource. Ce dernier point est important, car Option nationale déploierait une stratégie verte d’indépendance énergétique pour le Québec qui engagerait substantiellement les chercheurs d’ici.

Nous écririons également une charte du bois pour favoriser l’utilisation de ce matériau noble. Dans cette charte serait inscrite des dispositions concernant la production d’énergie et la recherche et développement sur les technologies du bois. On sait que l’utilisation accrue de ce matériau dans nos infrastructures permettrait de séquestrer naturellement du carbone.

Enfin, l’eau et les territoires agricoles seraient déclarés patrimoine national. Ces réformes nécessitent le rapatriement de nos lois, car comme nous l’avons vu avec l’aérodrome de Neuville, l’empiètement du zonage agricole québécois par les lois fédérales est une réalité.

Réponse du Parti libéral du Québec

La position du parti libéral du Québec est claire: toute activité d’exploitation des ressources naturelles respectera les plus hauts standards en matière de respect de l’environnement ou elle ne se fera pas du tout. Voilà le principe qui a guidé nos décisions, et c’est un principe que nous continuerons de mettre de l’avant tant que nous serons au gouvernement.

Notre gouvernement considère l’environnement et surtout la protection de l’environnement comme une pièce maîtresse du Plan Nord. Nous avons déposé une loi à l’Assemblée nationale pour consacrer 50% de la superficie du territoire du Plan Nord à la protection de l’environnement, au maintien de la biodiversité, à la mise en valeur du patrimoine naturel.

Chaque projet éolien est soumis à une évaluation du BAPE afin de nous assurer de l’acceptabilité sociale d’un tel projet.

Notre gouvernement a mis sur pied un BAPE sur les gaz de schiste de l’automne 2010 au printemps 2011, pour ensuite donner suite à sa principale recommandation de mettre en place une Évaluation Environnementale Stratégique qui est présentement en cours et devrait rendre son rapport final à l’automne 2013. Nous avons aussi mis en place deux autres ÉES, cette fois‐ci sur les hydrocarbures en milieumarin. La première qui se situait dans l’estuaire du Saint-Laurent nous a amené à interdire l’exploration et l’exportation pétrolière et gazière entre Québec et l’île d’Anticosti. Pour ce qui est de la deuxième qui se situe dans le Golfe du Saint-Laurent, elle est toujours en cours.

Notre position à l’égard du secteur minier est très claire: les minières doivent assumer100% des coûts de restauration des sites miniers dès le début de leurs activités. Nous avons déposé une loi à cet effet à l’Assemblée nationale.

Réponse du Parti québécois

Le Québec possède un bon système indépendant et rigoureux d’évaluations environnementales, le BAPE, qui travaille dans la perspective du développement durable.

Pour le gaz de schiste, un gouvernement du Parti Québécois :

  • Mettra en place immédiatement un moratoire sur l’exploration et l’exploitation jusqu’à ce que la nouvelle réglementation soit en place;
  • Tiendra un BAPE générique sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste avec des études sérieuses et indépendantes et consultera les études états-uniennes à ce sujet;
  • S’il y a exploitation, mettra en place toute la réglementation nécessaire pour la protection de l’environnement et l’innocuité sur la santé de la population;
  • S’il y a exploitation, s’assurera d’un retour des retombées économiques d’au moins 60 %;
  • S’il y a exploitation, s’assurera de compenser les nouvelles émissions de gaz à effet de serre.

Réponse de Québec Solidaire

Québec solidaire considère qu’il y a déjà suffisamment de données amassées pour interdire l’exploration et la production d’énergies fossiles (incluant les gaz de schiste) et d’énergie nucléaire sur le territoire québécois. En effet, nous mettrons en place une stratégie pour abandonner l’utilisation des diverses formes d’énergie fossile d’ici 2030. Les liens entre la consommation d’énergie fossile, la production de gaz à effet de serre et les changements climatiques sont suffisamment probants. Ainsi, inutile d’en produire ici, d’autant plus que cette production elle-même est polluante et potentiellement dangereuse.

De même, les problèmes liés à stockage des déchets radioactifs n’ayant jamais été résolus, nous croyons qu’il est temps d’abandonner la production d’énergie nucléaire. Nous soumettrons à une évaluation environnementale et sociale rigoureuse et à une véritable consultation publique toute soumission pour l’exploration et l’exploitation des richesses naturelles, et ce, avant l’octroi de permis. Finalement, Québec solidaire appuie ses propositions sur une mise en oeuvre plus rigoureuse de la Loi sur la qualité de l’environnement, notamment par l’application sans compromis du principe de précaution.

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3- Expertise dans le secteur public
De nombreux acteurs de la société civile de divers horizons, dont le Conseil du patronat du Québec et le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, se sont inquiétés récemment de l'effritement des compétences de l'État dans de nombreux domaines d'activités. Qu’il s’agisse d’évaluer l’état des viaducs ou les risques associés à l’exploitation des gaz de schiste, la société et le gouvernement québécois ont pourtant besoin d’une expertise publique forte et compétente, indépendante de toute influence externe.

Quelles mesures votre parti entend-il prendre pour faire en sorte que la fonction publique québécoise puisse continuer de répondre aux besoins croissants en expertise et en connaissance scientifique dans les multiples domaines qui sont sous sa juridiction? (max 250 mots)

Réponse de la Coalition avenir Québec

Nous reconnaissons qu’au fil des ans, certains organismes, comme le ministère des Transports, se sont progressivement retrouvés dépouillés de leur expertise par le privé, laissant le gouvernement sans ressources adéquates, entre autres pour effectuer la surveillance, la coordination et le suivi des projets et des investissements. Il est primordial que l’État québécois détienne l’expertise nécessaire pour bien faire son travail et nous entendons assurer son retour, notamment en revalorisant certains corps d’emplois au gouvernement.

Il redonnera au ministère des Transports les moyens et l’expertise nécessaires pour protéger les intérêts des contribuables dans le cadre des contrats publics qu’il conclut. Il verra à ce que le ministère de l’Environnement dispose des ressources adéquates pour assurer une protection optimale de l’exceptionnel patrimoine naturel du Québec. Il fera en sorte que les gestionnaires du gouvernement puissent discuter à armes égales avec les entreprises spécialisées chargées d’assurer l’informatisation de certains services publics.

Réponse d’Option Nationale

Option nationale n’a pas d’engagements précis concernant l’effritement de l’expertise dans le secteur public, mais nous sommes bien conscients et concernés par cet effritement.

Il existe un discours ambiant voulant qu’une réduction de l’État engendre des économies. Il faut rappeler à ces personnes que le prix Nobel de 1987 a été décerné à Robert Solow pour un modèle suggérant que 50% de la croissance américaine depuis la 2e guerre mondiale est due au progrès scientifique et que ce progrès se fait dans les universités et dans le reste de l’appareil public essentiellement.

Le gouvernement conservateur en place réfléchit de cette façon lorsqu’il coupe dans Statistique Canada, ferme les 58 lacs expérimentaux au Nord qui ont permis de mettre en évidence plusieurs effets des pluies acides, de la prolifération d’algues bleues causée par les phosphates dans les détergents, des impacts du mercure dans les poissons, etc. et modifie le mandat de la science gouvernementale canadienne pour en faire un pôle de R-D pour les entreprises.

Ces coupures touchent notre compréhension de l’état socio-économique de notre société, notre sécurité ainsi que la qualité de notre environnement et Option nationale comprend très bien l’enjeu, mais insiste sur le fait que ces problèmes doivent être débattus à un seul et même endroit : à Québec, au lieu de le faire dans la cacophonie qui règne actuellement entre la répartition douteuse des pouvoirs de Québec et d’Ottawa.

Réponse du Parti libéral du Québec

Notre gouvernement a présenté en juillet 2012 la Stratégie de gestion des ressources humaines 2012‐2017. Elle amorce un véritable changement afin de permettre à la fonction publique du Québec de préparer l’avenir et d’être plus compétitive sur le marché de l’emploi.

Les années d'expérience et de scolarité pour déterminer le salaire à l'embauche d'un candidat seront maintenant reconnues. Ce changement de norme quant à l'attribution des taux de traitement s'impose afin de positionner l'État comme un employeur compétitif par rapport au marché.

Le vieillissement de la population entraîne un nombre important de départs à la retraite dans la fonction publique. Afin de maintenir et de renforcer le savoir-faire et les compétences au sein des différents ministères et organismes, des mesures spécifiques pour assurer le développement et le transfert d'expertise seront notamment mises en place: démarche et plan structuré de gestion de l'expertise, formations spécialisées et plan de gestion de carrière.

Du côté des Transports, nous avons annoncé une série de mesures visant à renforcer son expertise:

  • Ajout de près de 1000 employés sur un horizon de 5 ans au MTQ.
  • Exemption du remplacement de 1 fonctionnaire sur 2 qui partent à la retraite, et exemption du gel d'embauche au MTQ.
  • Mise en place d'un processus accéléré d'embauche pour les ingénieurs et les techniciens des travaux publics, et reconnaissance de l'expérience et de la scolarité des candidats.
  • Création d'un service spécialisé en structures à Montréal et d'un bureau des projets stratégiques.
  • Vérification des travaux réalisés par les firmes de génie‐conseil par des ressources spécialisées du MTQ.

Réponse du Parti québécois

Un gouvernement du Parti Québécois n’aurait pas, comme le précédent gouvernement, un préjugé favorable envers les PPP et le recours à la sous-traitance. Nous croyons à l’expertise et l’excellence de la fonction publique.

Nous souhaitons procéder à une réorganisation majeure de l’État visant à le débureaucratiser, à le réorienter vers les services aux citoyens, en réduisant les niveaux hiérarchiques. Nous souhaitons aussi introduire une véritable culture des résultats dans les réseaux publics, par exemple en conditionnant l’octroi et le niveau des budgets et des primes au rendement par les résultats obtenus en matière de satisfaction de la clientèle et d’augmentation de la productivité de chacun des ministères, organismes et sociétés d’État.

Réponse de Québec Solidaire

Nous financerons l’augmentation des coûts de système à hauteur de 5% et augmenterons conséquemment le budget de tous les ministères. Ils seront ainsi en mesure d’embaucher les spécialistes nécessaires à la planification des projets publics et à l’inspection des projets privés, comme des biologistes pour mener les évaluations environnementales, par exemple.

Notre plateforme prévoit précisément redonner à Transports Québec son expertise. Nous augmenterons également l’expertise scientifique de l’État en créant Énergie- Québec pour chapeauter la totalité de la production et de la distribution d’énergie sur le territoire québécois de même que la recherche effectuée dans le domaine.

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4- Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation
La Stratégie québécoise en recherche et en innovation (SQRI) prendra fin en 2013. Elle a été établie « dans le but d’appuyer activement le développement économique d’un Québec prospère en misant sur la recherche, la science et la technologie ». La SQRI commande la majeure partie des investissements gouvernementaux en matière de recherche et d'innovation.

Dans ce contexte, quels sont, selon votre parti, les principaux défis auxquels devra répondre cette nouvelle stratégie? (max 250 mots)

Réponse de la Coalition avenir Québec

La recherche et l’innovation sont incontournables si nous voulons bien appuyer le développement économique du Québec. L’innovation technologique constitue le nerf de la guerre dans l’économie moderne. Le Québec n’a d’autre choix que d’exceller dans ce domaine. La formation d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et le développement de pôles d’excellence technologiques en collaboration avec le milieu universitaire, constituent des jalons essentiels d’une politique de l’innovation au Québec.

Le Québec a pris le virage technologique dans les années 90. Aujourd’hui, il faut passer à l’étape suivante en soutenant l’innovation comme jamais. À cet égard, un gouvernement de la Coalition Avenir Québec visera l’octroi de 2,5% de contrats à des PME québécoises qui développent des nouvelles technologies. Cette approche a été retenue par le Small Business Innovation and Research pour encourager l’essor des entreprises innovatrices américaines. D’autres pays ont suivi la même voie, notamment le Japon, l’Australie et la Suède.

Réponse d’Option Nationale

Beaucoup de défis auxquels devra faire face la nouvelle SQRI seront les mêmes. En effet, mentionnons par exemple, le défi de « contribuer au développement d’une économie verte » ou celui « d’accélérer l’innovation et sa mise en marché pour donner aux entreprises du Québec un avantage compétitif sur des marchés mondiaux en croissance » ou celui « d’atteindre 3 % du PIB en dépenses de recherche et développement (R-D) », etc.

Ce qu’Option nationale affirme ici, c’est que ce ne sont pas des objectifs provinciaux, mais des objectifs nationaux nécessitant les leviers que possède tout pays normal. Comment augmenter les dépenses en R-D au Québec, si ceux d’Ottawa, où nous envoyons 50 milliards de dollars en impôts par an, ne suivent pas? Comment être plus compétitif à l’international si nous ne négocions pas nos traités internationaux en faveur de nos entreprises technologiques qui représentent 40 % de celles du Canada? Comment développer une économie verte si nous avons deux ministres de l’environnement qui vont dans des directions incohérentes?

Comme le mentionnait le document sur la dernière SQRI : « Le Québec compte 10 chercheurs par 1 000 personnes actives, devançant l’Ontario (9,2) et la moyenne des 30 pays de l’OCDE (6,2). De plus, le Québec compte 31 % des emplois scientifiques au Canada, ce qui est bien supérieur à son poids démographique de 23 %. » Il est temps que le Québec puisse voler de ses propres ailes et qu’il se donne véritablement les moyens d’atteindre ses objectifs en matière de R-D et d’innovation.

Réponse du Parti libéral

Depuis 2006, en incluant les deux dernières Stratégies québécoises sur la recherche et l'innovation, plus de 2,3 G$ auront été directement injectés par ces dernières dans le but d'assurer la prospérité économique, scientifique et sociale du Québec.

Le parti libéral continuera de soutenir la recherche et l’innovation en proposant une nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation 2013‐2016 afin de consolider la position du Québec à titre de leader international en recherche et innovation et afin de stimuler la croissance des secteurs d'excellence qui généreront les futurs emplois et qui soutiendront la prospérité du Québec.

Cette nouvelle stratégie continuera d'investir dans la relève scientifique et la culture de l’innovation, d'améliorer l’efficacité du dispositif de valorisation, de liaison et de transfert de connaissances, d'améliorer l’environnement des entreprises et secteurs innovants, de renforcer le positionnement international du Québec en recherche et de renforcer notre base scientifique face aux défis de demain.

Cette nouvelle stratégie tiendra également compte des priorités et considérations des acteurs en recherche et innovation, appuyé par une consultation publique menée en partenariat avec l'ACFAS et l'ADRIQ. Ce processus ouvert favorise la mobilisation des acteurs, la mise en place d’espaces de réflexion et de débats, l’identification des principaux enjeux et pistes de solution et la participation des acteurs en amont du processus de réalisation de la SQRI. Il permettra à la communauté des chercheurs et des industriels de se rallier, de débattre et de faire part au gouvernement de leurs attentes, opinions et priorités.

Réponse du Parti québécois

Nous souhaitons mettre à jour la politique scientifique en la centrant, entre autres, sur la valorisation de la culture scientifique dans les établissements scolaires dès le primaire; en attirant et retenant les meilleurs chercheurs universitaires; en maximisant les retombées économiques et sociales de la recherche et de l’innovation, notamment par l’obtention de brevets et par la commercialisation; en intensifiant l’arrimage entre les entreprises innovantes et les milieux de recherche académique dans toutes les régions du Québec; en augmentant le financement de la recherche dans toutes les régions du Québec et en assurant et soutenant en continu le développement de la recherche dans des domaines ciblés d’excellence afin d’optimiser la valorisation de la recherche et ses retombées.

Réponse de Québec Solidaire

Québec solidaire s’oppose farouchement à la commercialisation de la recherche et de l’innovation effectuées dans nos universités. À cet effet, la SQRI devrait relevée d’un ministère de l’Éducation qui intégrerait la Recherche, plutôt que celui du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation.

L’État doit développer son soutien à la recherche fondamentale et à la recherche- création. La recherche et la recherche-création doivent être totalement indépendantes de l’entreprise privée. Cette indépendance doit être garantie par la création de mécanismes d’encadrement sur la propriété intellectuelle et la diffusion des résultats de recherche et de recherche-création dans tout projet. Toutes les avancées scientifiques et la production de connaissances provenant du réseau de l’éducation doivent être diffusées universellement et mises au service du public.

Cette page a été remise à jour le 23 août à 7h40 pour intégrer les réponses de la CAQ et le 28 août à 15h30 pour intégrer celles du Parti québécois.

1 commentaire

Portrait de fpiron

Comment le Parti libéral peut-il affirmer en même temps que sa nouvelle SQRI "continuera" son travail dans la lignée de la SQRI précédente (2e paragraphe de sa réponse) et qu'elle tiendra compte des suggestions et idées recueillies dans une consultation publique où des critiques et demandes de changements radicaux ne manqueront pas de se faire entendre? Ce Parti pense-t-il que les lecteurs ne s'apercevront pas de cette incohérence et n'en tireront pas des conclusions sur l'hypocrisie de la consultation en question? C'est pour éviter ce genre de situation absurde que l'Association science et bien commun fait circuler une pétition exigeant que toute nouvelle politique scientifique (incluant ses "stratégies") soit examinée en profondeur en commission parlementaire. Quand il s'agit d'argent public, aucune politique ne doit éviter le débat parlementaire, surtout s'il s'agit de la science dont l'impact sur la société est si puissant (recherche biomédicale, sciences de l'environnement, technologies, politiques sociales, etc.).