Cet été, des sécheresses ont mis à mal les récoltes aux États-Unis, en Russie, en Ukraine, au Kazakhstan et au Brésil. Résultat, les prix du maïs et du blé ont grimpé de 25% entre juin et juillet, et celui du soja de 1%, selon la Banque Mondiale. Cela fait craindre l’apparition d’une crise alimentaire, la troisième en cinq ans.

Pour Oxfam, l’effet des changements climatiques sur la production alimentaire est sous-estimé par les modèles scientifiques actuels. Ces derniers se limitent à calculer l’effet d’une augmentation graduelle des températures sur le prix des denrées alimentaires, sans prendre en compte l’impact des événements climatiques extrêmes, comme les sécheresses ou les pluies torrentielles.

Famines à l’horizon?

Dans un document publié le 5 septembre, Oxfam présente de nouveaux modèles pour mesurer l’évolution du prix des aliments en fonction du réchauffement climatique et de l’augmentation du nombre d’événements climatiques extrêmes qu’il pourrait engendrer. Leurs résultats sont alarmants. Le prix du maïs pourrait augmenter de 177% d’ici 2030, celui du blé de 120% et celui du riz de 107%. Sans compter que les catastrophes naturelles provoquent d’importantes hausses de prix ponctuelles, très lourdement ressenties par les populations les plus pauvres.

Bien sûr, le climat n’expliquerait pas à lui seul ces bonds. Les pratiques commerciales et le prix du pétrole, notamment, font aussi partie des coupables. Mais entre un tiers et la moitié de la hausse des prix serait en lien avec les changements climatiques. Répartir la production

Oxfam n’est pas le seul organisme à se montrer préoccupé. Les Nations Unies ont récemment lancé un appel pour une meilleure organisation de l’agriculture mondiale. La production de denrées essentielles comme le blé, le maïs ou le soja, reposerait sur un trop petit nombre de pays. Lorsqu’un de ceux-ci est affecté par une catastrophe naturelle, c’est l’ensemble de la population mondiale qui s’en ressent.

De son côté, la Banque Mondiale s’attaque au protectionnisme commercial. En 2010, la Russie, aux prises avec une grave sécheresse et des feux de forêts dévastateurs, avait interdit l’exportation de blé, ce qui avait fait grimper le prix de cette denrée sur les marchés mondiaux. La Banque Mondiale et l’ONU jugent de telles pratiques inefficaces et dommageables.