Eh oui: des chercheurs ont produit des études sur l’influence qu’a la météo sur les élections. Et Barack Obama a des raisons de s’inquiéter.

À cause de l’ouragan, les chroniqueurs politiques américains étaient partis dans toutes les directions à la fois, cette semaine, et ils avaient tous trouvé de bonnes raisons d’affirmer que Sandy allait affecter Obama et profiter à Romney —ou le contraire. Mais la science est passée par là avant eux.

Selon le politologue Larry Bartels, de l’Université Vanderbilt, «le parti au pouvoir s’en sort moins bien» lorsque la météo se dégrade. Il est avec Christopher Achen, le co-auteur d’une étude, parue en 2004, sur la façon dont le climat affecte les élections. Et sa conclusion est que 2,8 millions de votes ont été perdus par Al Gore contre George W. Bush dans certains États à cause ici d’une sécheresse, là de précipitations excessives.

La situation peut être contrebalancée si celui qui détient déjà le pouvoir gère particulièrement bien la crise —ou, mieux encore, s’il renvoie comme image qu’il a bien géré la crise, selon une autre étude, signée Andrew Reeves de l’Université de Boston et John Gasper, de l’Université Carnegie Mellon. Ces deux politologues ont examiné autant la performance des présidents sortants que des gouverneurs d’États.

Les électeurs, résument-ils, punissent effectivement gouverneurs et présidents pour les dommages causés par la météo, «mais cet effet peut être annulé par la réponse» des politiciens.

«Chaque président publie des photos de lui-même avec les manches de chemise relevées, pour rassurer les électeurs», ironise Andrew Reeves en entrevue à Mother Jones .

Là où Sandy vient toutefois brouiller les cartes, c’est que ces chercheurs se sont penchés sur des catastrophes naturelles ou des événements météorologiques extrêmes —comme une sécheresse— survenus pendant l’année électorale... mais ils n’ont jamais eu à se mettre sous la dent un ouragan survenu une semaine avant l’élection.