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La psychologie des éoliennes

Agence Science-Presse, le 29 novembre 2012, 13h08

(Agence Science-Presse) Certains se croient malades à cause des réseaux sans fil, des fours micro-ondes ou des compteurs intelligents. Le «syndrome des éoliennes» participerait-il du même type de craintes?

© Tomas Marek | Dreamstime.com
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- Simon Chapman, «The Sickening Truth about Wind Farm Syndrome», New Scientist, 8 octobre 2012.

- Stephen Lacey, «No Evidence that Wind Turbine Syndrome Actually Exist», Clean Technica, 23 janvier 2012.

- Une analyse du type de «preuves» présentées et de ce qu'il faudrait pour rendre le syndrome plus convaincant (novembre 2012).

Si vous ne connaissez pas le syndrome des éoliennes ou syndrome éolien (wind turbine syndrome), c’est que vous n’avez pas de ces tours blanches dans votre cour... et que vous êtes francophone. Le Daily Mail britannique, pas particulièrement réputé pour sa rigueur journalistique, affirme que «des milliers» de gens seraient tombés malades à cause de ces tours. Et va jusqu’à suggérer que le syndrome des éoliennes aurait déjà tué.

Un groupe de 30 citoyens du Massachusetts a déposé une plainte en justice, affirmant qu’une tour récemment installée «les rend malades».

L’un des problèmes, et non le moindre, réplique le médecin Steve Chapman, professeur de santé publique en Australie —l’un des deux principaux pays touchés par ce «trouble»— est que les premiers parcs d’éoliennes sont apparus il y a 20 ans aux États-Unis. On aurait dépassé à la fin de 2011 le total de 200 000 tours à travers le monde —et pourtant, aucune statistique ne montre un soi-disant problème médical en croissance pendant cette période. Il semble plutôt avoir surgi à la fin des années 2000, particulièrement en Grande-Bretagne et en Australie —en comparaison, l’Allemagne et le Danemark, deux paradis des éoliennes, semblent presque épargnés, comme s’il s’agissait d’une maladie de langue anglaise.

Au fil des années, les éoliennes ont été blâmées pour des problèmes cardiaques, du diabète, des cancers de la peau et du poumon. On leur reproche aussi le grisonnement prématuré des cheveux, moins d’énergie au travail et des insomnies.

Le Dr Chapman, qui s’est penché sur ces plaintes —et en a recensé 198, rien qu’en Australie— s’étonne:

En 35 ans de carrière en santé publique, je n’ai jamais connu quoi que ce soit d’aussi apocalyptique. J’ai visité des parcs d’éoliennes et comparé leurs bruissements tranquilles aux bruits avec lesquels tous les citadins vivent quotidiennement.

Maladie psychosomatique? Poser la question, c’est y répondre:

Il y a plusieurs raisons de soupçonner que l’entité invisible du syndrome des éoliennes soit psychosomatique: une maladie «communiquée» qui se répand à travers les groupes anti-éoliennes... Les gens peuvent eux-mêmes s’inquiéter à s’en rendre malades.

Faut-il y voir un parallèle —qu’il fait en début d’article — avec les autres «maladies de la modernité»? Il est certain que tout au long du 20e siècle, à peu près toutes les innovations ont été accusées d’un ou de plusieurs maux —les rayons X, les téléphones cellulaires, les additifs dans l’alimentation, etc. Des chercheurs se sont même penchés sur ce phénomène qu’ils appellent les «problèmes de santé par la modernité».

Les partisans du syndrome, eux, n’en démordent pas : ceux-ci apparaîtraient «après 20 minutes d’exposition» à une éolienne, mais seule une minorité de gens serait prédisposée à ce syndrome. Pour Chapman par contre, le facteur de prédisposition premier serait le fait de vivre dans une région... où un groupe d’activistes anti-éoliennes fait beaucoup de bruit.