Une équipe de chercheurs québécois vient de mettre à jour un moyen de stimuler le système immunitaire du cerveau. En ce mois de janvier, celui de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer, cette découverte relance l’espoir d’un vaccin pour contrer cette maladie dégénérative.

Serge Rivest s’intéresse, depuis 10 ans, à l’inflammation du cerveau. Son hypothèse: cette réaction immunitaire de l’organisme face à cette maladie pourrait être bénéfique pour bloquer l’avancée des plaques séniles, des dépôts protéiniques toxiques se formant dans le cerveau avec la maladie.

Mais plutôt que de combattre l’inflammation formée autour de ces plaques, ce chercheur et son équipe ont cherché à utiliser les défenses du corps humain dans la lutte contre la maladie.

«Notre composé stimule le système immunitaire inné en donnant un coup de pouce aux cellules microgliales qui, elles, éliminent les plaques séniles», explique Antoine Lampron, chercheur postdoctoral au Laboratoire de neuroendocrinologie de l’Université Laval et membre de cette équipe de recherche.

Au terme de 12 semaines d’expérimentation, l’adjuvant, déjà utilisé dans le vaccin contre le virus du papillome humain, avait éliminé 80% des plaques séniles chez les souris.

En plus de multiplier le nombre des cellules souches sanguines —les matrices des cellules microgliales—, il aurait aussi la capacité d’améliorer la réponse de ces « combattantes » à la maladie.

Sans effets secondaires notables, il entraînerait aussi, chez les animaux testés, une amélioration des fonctions cognitives.

La prévention en tête

Utilisé dans d’autres vaccins et donc déjà été testé sur l’homme, cet adjuvant n’a toutefois pas encore fait ses preuves dans la lutte contre l’Alzheimer.

Il s’agit d’un premier pas vers un vaccin que l’équipe de recherche tente de développer en parallèle à ces travaux sur l’inflammation du cerveau.

Un vaccin préviendrait l’apparition de troubles cognitifs chez les sujets le plus à risque dès le début du développement de la maladie. «Pour l’instant personne n’est encore parvenu à inverser la neurodégénérescence liée à l’Alzheimer», rappelle le chercheur.

Une dizaine de tentatives, en France comme en Suède, n’ont en effet pas encore permis de développer l’injection miraculeuse.

Près de 400 000 Canadiens seraient atteints de cette maladie. Il n’existe aucun médicament contre cette maladie même si certains ralentissent l’apparition des symptômes (pertes de mémoire, changement d’humeur, troubles de langage, etc.).