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Qui seront les premiers Martiens?

Agence Science-Presse, le 1 mai 2013, 8h59

(Agence Science-Presse) Vous aimez les grands espaces? Alors inscrivez-vous à l’expédition Mars One. Tant que vos goûts n’incluent pas le kayak ou la pêche à la ligne.

La vie en rouge (image: Mars One)
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La vie en rouge (image: Mars One)

Et c’est un aller simple seulement. Si le projet se réalise, les quatre premiers humains sur Mars, en 2023, ne seront pas des astronautes professionnels, mais de «simples amateurs». Ils ne feront pas juste une petite marche, mais établiront la première colonie permanente sur la planète rouge.

L’organisme néerlandais à but non lucratif qui a lancé ce concours a mis en ligne les formulaires d’inscription le 23 avril —et déjà, ça se bouscule. Quelque 20 000 candidatures en une semaine —et le public peut d’ores et déjà voter pour les premiers candidats. Si le projet se rend jusqu’au bout, ça pourrait être la plus longue téléréalité de l’histoire —puisque l’organisme espère financer en partie son idée (la bagatelle de 6 milliards$) par la vente des droits de télédiffusion de la mission.

Scientifiquement, le défi est réaliste: nous avons la technologie pour nous rendre sur Mars, et avec un aller simple, les coûts sont considérablement réduits —le carburant nécessaire au redécollage de Mars et au freinage à l’approche de la Terre constituant un énorme poids à traîner pour un engin spatial. Nous avons aussi la technologie permettant d’extraire du sol martien de l’azote —pour l’air que respireront les Martiens dans leurs nouvelles résidences— et de l’eau.

C’est psychologiquement qu’on pénètre un gros territoire inconnu. Partager pendant plus de six mois l’espace restreint d’un engin spatial est une chose, débarquer sur une planète hostile en est une autre. Impossible de s’y promener sans un scaphandre spatial, et en cas d’avarie majeure dans le système de support de vie des résidences martiennes, les pièces de rechange les plus proches seront à plus de 100 millions de kilomètres. Jusqu’à l’arrivée d’une sonde automatique de ravitaillement, ou de l’expédition suivante.

«Nous recherchons une combinaison de traits de personnalité presque impossible», a fait remarquer devant les médias Gerard ‘t Hooft, Nobel de physique qui agit à titre «d’ambassadeur» du projet.

Étonnamment, rapporte The Atlantic, l’un des premiers plans de la NASA pour la première mission habitée vers la Lune était du même genre: un seul homme, qui, dès 1965, se serait installé là-haut pour trois ou quatre ans, le temps qu’on puisse lui envoyer une mission de sauvetage.

En théorie, 20 à 40 candidats seraient choisis en 2015, et entreprendraient un entraînement de sept ans. Ils passeront trois mois chacun dans un simulateur de base martienne pour évaluer comment ils interagissent avec les autres. La mission Mars 500 menée récemment en Russie, a servi d’inspiration: six volontaires ont passé 500 jours dans un espace clos, qui simulait une mission vers Mars.

Il n’y a pas que des raisons financières pour imaginer un aller simple. Sur Mars, la gravité est de 38% celle de la Terre. Plus les années passeront, et plus les changements que cela entraînera sur la physiologie d’une personne rendront plus pénible son retour sur Terre.