Connaissez-vous l'équation de Drake, celle qui prétend calculer le nombre de civilisations extraterrestres dans notre galaxie? Lors du récent congrès Boréal qui rassemble chaque année les amateurs québécois de science-fiction, elle a été élue meilleure formule mathématique... pour la science-fiction!

Parce que dans « science-fiction », il y a... oui, le mot qui fait peur dans les cours de littérature ! Alors quatre auteurs se sont prêté au jeu et ont présenté à tour de rôle une formule importante pour leurs romans.

Seule participante féminine, Michèle Laframboise a détaillé l'utilisation qu'elle fait des lois de la gravitation de Newton. Au moment d'inventer une nouvelle planète, elle calcule la gravité qui y régnerait pour déterminer un mode de vie compatible. Dans un de ses romans, les habitants travaillent le plus souvent dans des piscines pour échapper à l'importante augmentation de leur poids.

Autre participant, Mario Tessier a présenté la formule de Malthus sur l'accroissement exponentiel de la population. Une formule à l'origine de bien des craintes dans les années 70 et de nombreuses «solutions» littéraires comme dans Soleil vert ou L'Anneau-Monde . Les équations de Maxwell, en physique, et celle de Drake, présentée par Christian Sauvé, ont complété le tableau.

Cette formule, proposée par l’astronome Frank Drake en 1961, est donc censée permettre de calculer le nombre de civilisations avec lesquelles nous pourrions communiquer. Il s'agit d'une équation qui, dans les deux dernières décennies, a gagné en importance avec la découverte de planètes autour d’autres étoiles. À la base, il s'agit d'une multiplication assez simple: combien de planètes par étoile, combien de ces planètes sont habitables, combien de ces dernières sont habitées, etc. Mais en réalité, tout est plus complexe puisqu'on ignore la valeur de la plupart des facteurs.

Les exobiologistes, cosmologistes ou historiens peuvent certes affiner quelques-unes des valeurs, au fur et à mesure des découvertes. Mais comme les plus importantes variables restent inconnues, le calcul reste ouvert aux suggestions des écrivains. Vous pouvez croire qu'il existe beaucoup de civilisations, ou que le résultat est inférieur à un. Il est bon de préciser que si le résultat est inférieur à un, cela ne signifie pas que nous-mêmes ne sommes pas une civilisation intelligente, mais plutôt que notre existence est essentiellement due au hasard...