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Marée noire: combien de temps avant d'en connaître l'impact?

Agence Science-Presse, le 26 juin 2013, 8h49

(Agence Science-Presse) Terminés ou non, les dégâts causés par l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique? Trois ans plus tard, ça n’en a pas l’air.

C'était le 20 avril 2010...
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C'était le 20 avril 2010...

Au cours de l’été qui a suivi cette catastrophe environnementale, les optimistes ont eu des raisons de pousser un soupir de soulagement: les dispersants ont tant et si bien «dispersé» une grosse partie des 5 millions de litres de pétrole que le scénario du pire semblait évité. Les pessimistes alléguaient toutefois qu’une partie imposante du pétrole était toujours là, invisible à l’oeil nu, et qu’il faudrait des années avant de pouvoir évaluer l’impact sur la faune et la flore marine.

Or, tandis que la compagnie pétrolière BP —qui a dépensé 14 milliards$ en nettoyages— affirme que le Golfe du Mexique a été ramené à ses conditions d’avant l’accident, un récent rapport de la Fédération américaine de la nature (National Wildlife Federation) associe au déversement pétrolier un taux de mortalité supérieur à la normale chez les dauphins de la région; chaque mois en fait, le nombre de décès est supérieur à ce qui était considéré comme la normale «avant».

Les tortues de mer aussi: plus de 1700 se sont échouées sur les côtes du Golfe du Mexique entre mai 2010 et novembre 2012, trois fois le taux d’avant l'accident du 20 avril 2010.

Et comme quoi le pétrole n’est pas partout réduit à ses parties les plus infimes, des boulettes noires et huileuses continuent d’être rejetées sur les plages, rapportait le 16 juin l’Associated Press.

L’océanographe de l’Université d’État de la Floride, Ian MacDonald, qui était l’un des plus virulents critiques, il y a trois ans, du manque d’informations sur les impacts, se désole que «peu de chose ait changé» depuis 2010. «Dans plusieurs cas, du financement pour des recherches importantes a même été coupé», déclare-t-il au Scientific American.

Le dossier n’est toutefois pas fermé, puisqu’une cour d’appel devra bientôt imposer d’autres pénalités à BP: des fonds qui devraient servir à la recherche. Les sous n’empêcheront pas les dauphins de mourir, mais permettront peut-être de prévenir la prochaine fois...