Le type d'accouchement, qu'il soit vaginal ou par césarienne, pourrait-il influencer la santé de toute l’espèce humaine? C’est la prémisse —exagérée!— sur laquelle repose le documentaire Microbirth présenté récemment au Cœur des sciences de l’UQÀM en collaboration avec le magazine web sur la famille, PlanèteF.

Si le ton du film est inutilement alarmiste, les réalisateurs britanniques, Toni Harman et Alex Wakefield, ont tout de même le mérite d'avoir bien décrit le rôle méconnu du microbiome vaginal de la mère sur le développement du système immunitaire de son enfant.

Bien qu'une flore microbienne diversifiée favorise la maturation du système immunitaire du bébé, peu de bactéries habitent encore son corps lorsqu'il vient au monde, précise Benoît Levast, chercheur au département de microbiologie et d’immunologie de l’Université McGill et expert invité à échanger avec le public après la projection. La colonisation du corps du nouveau-né, par les bactéries transmises par la mère lors de l'accouchement par voie vaginale, se révélerait donc primordiale à sa santé future.

Sans cet ensemencement précoce, des problèmes chroniques tels que l’asthme, le diabète de type 1, la maladie de Crohn, la maladie cœliaque et l’obésité, pourraient survenir, expliquent de leur côté les spécialistes interviewés dans le documentaire.

Et la question cruciale, qu'avancent les réalisateurs de Microbirth, est «qu’en est-il alors des bébés qui naissent par césarienne?» Cette chirurgie ne permet pas en effet au bébé d’être mis en contact avec la flore microbienne vaginale de sa mère, avec pour conséquence d'augmenter son risque de connaître des problèmes de santé. Certains experts interrogés citent d’ailleurs des études faisant un lien entre la césarienne et l’obésité. Benoît Levast souligne qu’il ne s’agit là que d’associations qui ne démontrent pas que la césarienne soit directement responsable de ces maux.

Parmi les solutions proposées dans le documentaire, il est suggéré d’éviter les césariennes sans indication médicale. Que faire alors lorsque cet accouchement est une question de survie? Maria Gloria Dominguez-Bello, chercheuse à l’Université de New York, propose une technique intéressante qui consiste à réaliser un prélèvement vaginal chez la mère avant la chirurgie et à s’en servir pour ensemencer le bébé dès sa sortie de l’utérus.

L’administration de probiotiques aux nourrissons, la pratique du contact peau à peau et l’allaitement maternel constitueraient d’autres avenues possibles pour rétablir en partie la flore intestinale des poupons.

Le choix des réalisateurs à adopter le style «film-catastrophe» pour faire passer leur message laisse songeur puisqu'il réduit considérablement leur crédibilité. Pourtant, le phénomène qu’ils explorent gagnerait à être mieux connu de la communauté médicale. En effet, le monde scientifique commence à peine à réaliser l’importance des microbes dans nos vies. Microbirth se fait une priorité de le rappeler.