À l’échelle de la planète, le virage politique qui a pris par surprise les observateurs du climat, c’est l’entente Chine-USA. Mais à une toute petite échelle, le premier signe d’un virage pour le statut juridique de la lutte contre les changements climatiques pourrait être intervenu à l’extérieur d’un tribunal local.

1. L’entente Chine-USA sur le climat

Pendant des années, les États-Unis, le Canada et d’autres ont justifié leur refus de s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serrepar l’absence de la Chine de ces négociations internationales. L’accord-surprise annoncé en novembre entre les États-Unis et la Chine va obliger à repenser toute cette trame narrative. L’accord a beau ne pas être parfait, il consiste le plus important déblocage des négociations sur le climat depuis le Protocole de Kyoto, en 1997. 


2. Désobéissance civile et climat


Deux activistes qui, à bord d’un petit chalutier, bloquent l’entrée dans leur port de 40 000 tonnes de charbon. Un procureur qui, en septembre, choisit de les acquitter, donc d’éviter un procès, au nom de la crise climatique. Et autour de toute cette histoire, les premiers signes d’une interrogation juridique vouée à gagner en importance : le concept de désobéissance civile pourrait-il être invoqué devant les tribunaux pour toute action visant à protéger le climat?

3. La facture du climat commence à faire peur

Plus les glaces fondent, et plus le niveau des océans augmente. Même les climatosceptiques en sont conscients et même eux ne peuvent pas échapper aux chiffres : selon une enquête de l’agence presse Reuters, 724 millions de personnes vivent à présent dans des zones situées à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. C’est 200 millions de plus qu’en 1990, en bonne partie en Asie. Quand ce ne sont pas les vagues qui sont en train de grignoter leurs côtes, c’est le sol sous leurs pieds qui est en train de s’enfoncer —comme à Djakarta, en Indonésie, qui « descend » en moyenne de 6 cm par an, un record. 

Certes, on construit à travers le monde des murs contre les hautes marées, des barrières anti-ouragans, des canaux de dérivation. Mais à partir de combien d’événements météorologiques extrêmes et de combien de dizaines de milliards de dollars un gouvernement va-t-il baisser les bras? Et c’est sans compter les compagnies d’assurances qui tirent elles aussi la sonnette d’alarme...

4. La séparation de la Floride

Si les Floridiens bénéficient d’un État plus riche que les Indonésiens, leur géographie les place en revanche dans une situation similaire, et le geste posé cette année par des élus locaux révèle lui aussi un virage politique. En votant à 3 contre 2 pour se séparer de la Floride, les autorités du sud de cet État n’ont pas seulement signalé leur mécontentement face au gouvernement de la Floride qui ignore leurs appels à l’aide. C’est le premier mouvement indépendantiste aux États-Unis à avoir pour motivation le réchauffement climatique.