Un rapport sur l’état de la culture scientifique au Canada paru en août 2014 est «ronronnant» et ne pose pas certaines questions essentielles sur la diffusion de la culture scientifique, selon Bernard Schiele, un des auteurs de ce rapport.

Culture scientifique: qu’en est-il au Canada a été produit par le Conseil des académies canadiennes. Ce rapport esquiverait notamment la perte de confiance de l’opinion publique envers la notion même de progrès, a déclaré M. Schiele, chercheur au centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, dans le cadre d’une table ronde tenue le 20 février à l’UQAM.

Le muséologue aurait également voulu qu’on y aborde une autre question: celle de la formalisation et de l'abstraction croissante de la science, ce qui l'éloigne du grand public et constitue donc un défi [grandissant] pour les vulgarisateurs.

Il est rejoint dans son analyse par Johanne Lebel, rédactrice en chef du magazine Découvrir . Selon elle, on doit enseigner au grand public à «naviguer» le flot toujours croissant de l'information scientifique, et ce dès l'école primaire. Cela permettrait de créer ce qu’elle appelle un «récit du monde» scientifique dans lequel viendraient se nicher les nouvelles connaissances.

Enfin, le professeur Schiele a critiqué le rôle, dans la rédaction du rapport, de ceux qu’il a appelés des «reformulateurs». Ces personnes, chargées des ordres du jour et de l'organisation des débats entre les experts seraient, selon lui, responsables de la langue de bois qui s'y affiche. Résultat: un travail qui «ménage toutes les sensibilités» et dont le seul intérêt serait son «papier de bonne qualité et ses graphiques en couleurs».

Un ton qui a changé depuis la sortie du rapport en septembre 2014. Le même Bernard Schiele disait alors : «ce qu'il faut lire [dans le rapport] c'est: tout va bien et il faut poursuivre la valorisation de la culture scientifique».