Le chiffre est petit: 11%, soit à peine un Québécois sur 10, estime avoir une bonne connaissance de la situation énergétique au Québec. Et 17% estiment que le pétrole est une énergie renouvelable. Les réponses à un récent sondage auprès de 1010 Québécois soulignent la nécessité de mieux communiquer les questions de l’énergie.

«Il faut éduquer les gens aux questions énergétiques car ils trouvent le sujet complexe ou manquent de temps. Ils veulent toutefois participer au débat», relève une des co-auteurs, Nathalie de Marcellis-Warin, professeure à Polytechnique Montréal et vice-présidente du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).

Le CIRANO et l’Institut de recherche Trottier de Polytechnique Montréal, ont voulu mesurer les perceptions des Québécois sur l’énergie et les changements climatiques. Et les chercheurs ont eu quelques surprises…

Moins d’un Québécois sur 5 sait que la moitié de l’énergie consommée au Québec provient de sources renouvelables (19%). Un terme mal maîtrisé, car ce ne sont pas seulement 17% qui pensent que le pétrole en fait partie: ils sont aussi 13% à associer charbon et renouvelables, et 27% le gaz naturel. Un quart des répondants identifient aussi le nucléaire à une source d’énergie renouvelable.

Les questions énergétiques entremêlent science, politique et économie. Si la question est précise —l’évolution des prix du pétrole— les répondants ont moins de difficultés. Le pétrole est d’ailleurs l’énergie que les Québécois estiment connaître le mieux, loin devant l’hydro-électricité.

«Les répondants maitrisent mieux les questions liées à l’actualité, tel le cours du pétrole. Par contre, la plupart pensent n’avoir aucune influence sur la situation énergétique au Québec», souligne la Pre de Marcellis-Warin.

Et les climatosceptiques?

75% des Québécois reconnaissent l’existence des changements climatiques. À la lumière du sondage, une personne sur 4 en douterait donc encore, soit moins qu’ailleurs en Amérique du Nord, révélait au congrès de l’Acfas Sebastian Weissenberger, de l’UQAM. Il n’y a que dans la grande région de Québec que c’est presque une personne sur deux (44%). «Le profil –hommes, bas revenus et niveau d’études, allophone– montre que c’est surtout une question d’éducation, bien que certaines radios contribue certainement aussi à ce résultat», note la chercheuse.

Les réseaux sociaux joueraient aussi un rôle dans la propagation des idées climatosceptiques: 80% des répondants disent consulter internet pour avoir des réponses sur l’énergie.

La Pre de Marcellis-Warin relève que les internautes lisent souvent en premier les commentaires des articles publiés. «C’est pour avoir une meilleure idée du débat. Le premier commentaire, souvent négatif, aura un impact très significatif sur les lecteurs.», tranche la chercheuse. Ce qui représente un grand défi pour les journalistes, dont l’article sera mis alors en perspective avec des critiques négationnistes.