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Village des Tanneries et échangeur Turcot

Comment préserver le passé en ville?

Je vote pour la science, le 19 janvier 2016, 17h16

(Agence Science-Presse) Est-il possible de préserver un site archéologique qui entre en conflit avec le développement urbain? Qu’est-ce qui détermine qu’un site devient «patrimonialement» intéressant? Ce sont les questions que pose notre émission cette semaine, à travers un exemple qui a fait beaucoup parler l’été dernier.

Comment préserver le passé en ville?
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Comment préserver le passé en ville?

- L'exposition Quartiers disparus était présentée au Centre d'histoire de Montréal il y a quelques années: trois quartiers montréalais qui ont fait place au développement urbain, le Red Light (là où sont les Habitations Jeanne-Mance), Goose village (sous le pont Victoria) et le Faubourg à m’lasse (pour la tour Radio-Canada).

- Archives de Montréal a aussi publié des articles sur la construction de l'autoroute Ville-Marie et sur la Petite-Bourgogne, où les résidents se sont tellement opposés au projet que la Ville a choisi de ne démolir que les bâtiments irrécupérables, de rénover le reste et de construire des parcs et des logements sociaux.

- Ce qui reste du village des Tanneries : 150 caisses d’artefacts conservées à la réserve archéologique du ministère de la Culture à Québec, et une reconstitution 3D du site qui pourrait être réutilisée pour les musées. L'Association canadienne d'archéologie a toutefois plaidé que cette destruction était «dommageable». «Il n'y a en effet aucun site comparable et jamais on ne pourra le recréer une fois détruit».

- Ailleurs, des villes ont choisi de préserver leurs vestiges et de les mettre en valeur —par exemple, Marseille, en France avec les nombreuses galères et épaves retrouvées sous la ville, dans le quartier de l’hôtel de ville, et qui témoignent d’un commerce remontant jusqu’à l’Antiquité grecque et romaine.

À lire
Joanne Burgess, Village des Tanneries: un témoin exceptionnel de l’histoire industrielle du Québec. Le Devoir, 21 septembre 2015.

- Village des Tanneries: une démolition qui prend les opposants au dépourvu. La Presse, 20 septembre

- La destruction des vestiges du village des Tanneries est confirmée. La Presse, 13 septembre

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En mai, le projet de reconstruction du «plus grand carrefour autoroutier de la province» —l’échangeur Turcot, dans le sud-ouest de Montréal— a été temporairement arrêté lorsque les archéologues de la firme Patrimoine Experts y ont découvert les vestiges archéologiques du village des Tanneries —d’une valeur historique exceptionnelle, selon plusieurs spécialistes.

Entre 1780 et 1850, ce village du quartier Saint-Henri a abrité une concentration remarquable d’artisans du cuir. Le site des Tanneries éclaire une partie de l'histoire de la Nouvelle-France. Il retrace les premiers pas de l'occupation du territoire montréalais hors les murs de Ville-Marie.

Des vestiges destinés dès leur découverte à être détruits... car le gouvernement a jugé que le site n’avait «qu’une importance patrimoniale relative». À leur place, un collecteur d’eaux usées ainsi qu’une partie de l’échangeur ont été construits. Une annonce qui a suscité de nombreuses réactions —du maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, des archéologues, des universitaires, des muséologues, des historiens, etc. Elles n’ont pas réussi à sauver le site archéologique.

La destruction du village des Tanneries est-elle une exception ? Comment procède-t-on quand on découvre des vestiges? Comment préserver le passé en ville ? Sur quoi repose la décision de préserver... ou non?

Les invités

  • Gérard Beaudet, architecte et professeur titulaire en urbanisme à l’Université de Montréal. Il a été responsable du congrès de l’ACFAS (2012) sur la démolition et le renouvellement urbain.
  • Daniel Chevrier - Président et directeur d'Archéotec, une des principales firmes d'archéologie au Québec.

Écoutez l’émission en cliquant sur le lien ci-contre (à gauche) ou en vous abonnant sur iTunes.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h30, sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal) et vous abonner sur iTunes.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.