Êtes-vous intelligent... ou rationnel ? Parce que ce n’est pas la même chose.

C’est la réflexion que proposent dans le New York Times de dimanche les psychologues David Hambrick et Alexander Burgoyne. Et ce qui serait resté une discussion philosophique il y a quelques années est en train de devenir plus scientifique : des études en psychologie et en neurosciences commencent à pointer des différences dans notre matière grise. Les auteurs Daniel Kahneman et Amos Tversky sont par exemple devenus célèbres dans leur domaine en développant des tests simples, qui démontrent à quel point l’être humain est, fondamentalement, beaucoup plus irrationnel qu’il ne veut bien l’admettre. Ce qui n’a rien à voir avec l’intelligence : à tout moment, nous prenons des décisions ou portons des jugements trop rapides et nous arrivons — souvent sans le savoir — à des conclusions erronées.

Des études ont au fil du temps identifié des gens plus rationnels que la moyenne, qui vont davantage peser le pour et le contre — mais aucune de ces études n’a démontré que ces gens sont plus « intelligents » que la moyenne. Au point que certains psychologues proposent un test de « quotient de rationalité », qui viserait à compléter le test de quotient intellectuel. Cette réflexion s’inscrit dans un contexte où, aux États-Unis, une certaine campagne présidentielle en amène certains à tenter de comprendre comment fonctionne le cerveau de l’électeur moyen...