Le gros bémol derrière le projet de colonisation de Mars présenté cette semaine par le milliardaire Elon Musk n’est pas la technologie : celle nécessaire à l’envoi de colons et à la construction d’une base sur Mars existe. Le problème est de les faire survivre... et de payer.

Le discours « Faire de l’humain une espèce multiplanétaire », prononcé mardi 27 septembre, a été la sensation du 67e Congrès international d’astronautique, en plus de devenir viral sur Internet. Le plan de fusée réutilisable et d’extraction de méthane martien pour le voyage de retour serait en théorie réalisable — quoique pas nécessairement aussi tôt que 2024. Mais le milliardaire s’est fait beaucoup plus discret sur la possibilité de faire pousser des légumes sur Mars en quantité suffisante pour soutenir les premiers colons — là encore, dès 2024 — et sur la façon dont les premiers Martiens produiraient leur électricité — sans compter la nécessité de les protéger des radiations. C’est un peu, résume New Scientist , « comme s’il considérait que son travail est juste d’amener les gens là-bas et que les garder en vie relève de la responsabilité de quelqu’un d’autre ». Ce quelqu’un d’autre serait vraisemblablement la NASA, affirmait le même magazine dès 2013, à propos du rêve du millionnaire Dennis Tito, qui promettait de financer le premier voyage habité vers Mars en 2018. Elon Musk a quant à lui estimé la facture du premier voyage à 10 milliards de dollars — une facture que sa compagnie, SpaceX, ne pourrait pas payer à elle seule, a-t-il reconnu lors de sa conférence.