Sur les dossiers scientifiques, on sait déjà que Donald Trump est climatosceptique et que les défenseurs de l’assurance-maladie d’Obama craignent pour sa survie. Quoi d’autre?

En environnement

Le premier choc passé, des scientifiques et des journalistes n’ont pas tardé à ramasser les quelques miettes semées pendant la campagne électorale. En environnement par exemple, Trump a nommé un autre climatosceptique, Myron Ebell, sur son équipe de transition; il a promis de relancer l’exploitation de charbon dans les Appalaches, de fermer l’Agence de protection de l’environnement et de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat. Sur ce dernier point toutefois, ce ne sera pas aussi simple : les conditions de l’accord font en sorte que, depuis son entrée officielle en vigueur la semaine dernière, un pays signataire ne peut pas s’en retirer avant quatre ans.

Les résidents des Appalaches qui vivaient des mines de charbon depuis trois générations ont bon espoir de voir un président faire renaître leur industrie, mais ils pourraient être déçus : ce ne sont pas seulement les règles anti-pollution qui mettent à mal les centrales au charbon, c’est le gaz naturel qui coûte moins cher.

Enfin, un désengagement des États-Unis de la course aux énergies vertes ferait plaisir à la Chine, qui pourrait devenir le chef de file mondial.

La santé, l’espace... et l’immigration

En santé, les électeurs de sept États, dont la Californie et la Floride, ont approuvé mardi par référendum la légalisation de la marijuana à des fins médicale ou récréative. Ceux du Colorado ont voté pour la légalisation du suicide assisté : quatre autres États, dont le Vermont, ont déjà une telle loi.

Par ailleurs, dans ses réponses au questionnaire Science Debate en août dernier, Trump a semblé manifester un intérêt pour une plus grande participation du secteur privé dans l’exploration spatiale et pour des investissements accrus en santé mentale. Sur ces questions et sur d’autres, plusieurs personnes spéculent déjà sur le choix du futur conseiller scientifique de la Maison-Blanche. D’un autre côté, l'intérêt de Trump pour un resserrement des règles d’immigration aura inévitablement un impact sur la recherche : une étude parue dans Nature en 2012 avait évalué que 40% des scientifiques travaillant aux États-Unis étaient nés à l’étranger.

Enfin, le futur vice-président, Mike Pence, s’est affiché créationniste.