Plus vous mentez, plus vous devenez insensible au mensonge. Ou plus exactement, votre cerveau le devient.

C’est un peu comme si on avait identifié les mécanismes qui nous envoient sur « la pente glissante » du mensonge, résument quatre chercheurs britanniques et américains en octobre dans Nature Neuroscience . En apparence, leurs observations confirmeraient simplement ce que des siècles de littérature sur la malhonnêteté ont déjà résumé : ça commence par un petit mensonge, puis un plus gros, et progressivement, la personne s’habitue et se sent moins coupable.

Mais le fait d’en identifier les mécanismes cérébraux n’est pas seulement matière à curiosité pour les neurologues : la façon dont les connexions se forment au fur et à mesure dans notre cerveau pointe vers un cerveau qui «s’ajuste» exactement de la même façon qu’il s’ajuste progressivement à un nouvel itinéraire en voiture, à une nouvelle routine au travail ou à un nouveau groupe d’amis. En d’autres termes, notre cerveau est malléable... et pour un menteur, ça facilite drôlement les choses.