Donald Trump est-il sain d’esprit ? Depuis 1973, le code d’éthique des psychiatres américains leur interdit de poser un tel diagnostic sur une personnalité publique. Une recommandation à laquelle ont passé outre 35 d’entre eux, qui ont publié le 14 février dans le New York Times une lettre, qui leur a immédiatement valu une réplique d’un éminent collègue.

« Nous croyons que la grave instabilité émotionnelle révélée par le discours et les actions de M Trump le rend incapable de servir comme président de façon sécuritaire », indiquent les premiers. « Lancer des insultes psychiatriques (psychiatric name-calling) est une mauvaise façon de répliquer aux attaques de M Trump contre la démocratie », leur répond Allen Frances, qui a été entre autres choses le directeur du DSM (le manuel diagnostic de la santé mentale), aussi appelé la « bible des psychiatres ». Certains des signataires, interrogés par les médias, précisent que leur intention n’est pas de « diagnostiquer » Trump mais d’attirer l’attention sur certains des traits de sa personnalité que des observateurs de leur discipline trouvent « préoccupants ».

 

Une semaine plus tôt, un élu démocrate de la Californie, Ted Lieu, a annoncé qu’il déposerait au Congrès un projet de loi pour créer un poste de psychiatre en résidence à la Maison-Blanche. Une semblable loi, explique-t-il, fait en sorte qu’il existe depuis 1928 un médecin en permanence là-bas, mais « au 21e siècle, nous savons que la santé mentale est tout aussi importante que la santé physique, alors il semble faire sens que la Maison-Blanche ait un psychiatre ou un psychologue disponible ».