Avec ses 175 km de long, il ne lui en manque plus que 30, et la fissure libérera un iceberg de la taille du Luxembourg dans l’océan Antarctique.

Large en certains endroits de plus d’un kilomètre, cette fissure fait parler d’elle depuis janvier, alors qu’elle avait gagné 20 nouveaux kilomètres en seulement un mois. Si la tendance se maintient, elle atteindra la côte dans quelques semaines, libérant une partie de la calotte glaciaire, appelée Larsen C. Celle-ci recouvre une partie de la péninsule antarctique, cette partie du continent glacé qui s’avance vers le nord.

C’est le plus récent des signaux d’alarme émanant de l’Antarctique, mais c’en est un qu’anticipaient les glaciologues depuis 1995. Après la rupture de la calotte glaciaire Larsen A cette année-là, puis de sa jumelle Larsen B en 2002, ce n’était qu’une question de temps avec que Larsen C ne fasse les manchettes. Elle est suivie attentivement depuis 2014 par un groupe de chercheurs principalement britanniques, réunis sous le nom de Projet Midas.

Ce sera aussi une occasion unique pour les glaciologues d’en apprendre plus sur la dynamique des calottes glaciaires entre elles et avec le reste du continent sur lequel elles reposent : parce qu’une fois cette partie de Larsen C détachée, toute la question sera de savoir combien de temps le reste de Larsen C restera intacte avant de glisser à son tour vers l’océan.