Si le gouvernement Trump annule des règles antipollution ou des programmes d’aide aux énergies alternatives mis en place par les gouvernements précédents, une administration locale pourrait-elle faire de la résistance, voire occuper un espace sur la scène internationale ? S’il existe un État qui en serait capable, c’est la Californie.

Il faut savoir que la Californie a souvent été à l’avant-garde : elle a voté une loi contre la pollution de l’air dès 1947, plus de 20 ans avant Washington. En ont découlé des politiques qui ont favorisé la construction de voitures électriques et d’édifices plus « verts ». Elle a sa propre bourse du carbone — à laquelle est associé le Québec — et son gouverneur, un démocrate, a menacé en décembre de contester devant les tribunaux une politique fédérale qui irait à l’encontre des siennes.

Mais le poids californien se fait sentir ailleurs : parce qu’elle compte 40 millions d’habitants, elle a obligé des fabricants d’automobiles qui veulent vendre aux États-Unis à se conformer à ses normes antipollution. Et du coup, ces normes ont été imitées à l’étranger. Parce qu’elle a très tôt soutenu financièrement les énergies alternatives, elle a inspiré d’autres États, comme l’Iowa, un État férocement républicain, mais qui est désormais très attaché à son industrie de l’éolien et qui s’opposerait à ce que le fédéral lui coupe ses subventions. Enfin, la politique californienne de réduction des gaz à effet de serre —50 % d’ici 2030 — attire l’attention des environnementalistes du monde entier, qui voudraient voir leur propre pays être aussi ambitieux. À titre de comparaison, la cible canadienne est de 30 % pour 2030, celle de la France, de 40 %.