Les efforts de Facebook et Google pour combattre les fausses nouvelles commenceraient-ils à atteindre l’information scientifique ? Un des sites les plus populaires du monde pour les nouvelles en pseudo-science et pseudo-médecine semble avoir été écarté par l’algorithme de Google... quoique peut-être pas à cause de son contenu douteux.

Bien que Natural News prétende depuis le 21 février avoir été « banni » par Google — il n’apparaît plus dans les recherches usuelles — les experts en indexation qui se sont penchés sur le problème ont fait remarquer que la cause pourrait être plus triviale : Google pourrait avoir « pénalisé » Natural News pour un usage abusif d’un sous-domaine à seule fin de multiplier les hyperliens vers soi-même — et ainsi, gonfler artificiellement son classement dans le moteur de recherche. Google n’a pas répondu cette semaine aux demandes d’informations à ce sujet mais affiche depuis longtemps une liste des raisons pour lesquelles un site pourrait être « désindexé ». Il est donc possible que ce ne soit qu’une suspension temporaire.

 

Natural News est un site qui jouit d’une réputation médiocre parmi les diffuseurs d’informations en science ou en santé. Bien que consacré officiellement aux « médecines alternatives » et aux « aliments naturels », on lui doit quantité d’articles sur des complots imaginaires, des théories antivaccins et des traitements sans fondements. Le médecin et blogueur Steven Novella l’a qualifié en 2010 de « pseudoscientifique, antiscientifique, complotiste ou simplement idiot » L’auteur Brian Dunning lui a attribué en 2011 sa première place parmi les « 10 pires sites anti-science ». Le Dictionnaire sceptique et le site anti-charlatans Quackwatch ont eu maille à partir avec lui. Le site de vérification des faits Snopes a même une « rubrique » spécialement pour Natural News. Son fondateur, Mike Adams, qui s’est rangé dans la dernière année du côté des mouvements d’extrême-droite pro-Trump, a dénoncé les événements de cette semaine comme faisant partie d’un complot dirigé par l’élite, les pharmaceutiques, les médias, les démocrates, Bill Gates et « la gestapo d’Internet ».