Qu’ont en commun Acinetobacter baumannii, Pseudomonas aeruginosa et Enterobacteriaceae? Ce sont les êtres vivants les plus menaçants de notre génération.

Ce sont aussi trois familles de bactéries, parmi 12 pointées lundi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une première dans son histoire. La troisième, les entérobactéries, comprend la bien connue E. coli et l’inquiétante Klebsiella pneumoniae, dont une souche est résistante à pratiquement tous les antibiotiques connus.

Le message que veut envoyer l’OMS est on ne peut plus clair : « si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps ». Autrement dit, des infections dont on avait cessé de s’inquiéter depuis des décennies, pourraient tuer des millions de personnes par an, si on n’invente pas de nouvelles parades.

Or, aux yeux de la direction de l’OMS sur la santé et l’innovation, les compagnies pharmaceutiques n’ont pas suffisamment priorisé la recherche et le développement de ces nouvelles armes contre les bactéries résistantes. Comme l’écrit la journaliste médicale Julia Belluz, cette alerte de l’OMS est là avant toute chose pour « mettre de la pression ».

La liste des 12 familles est divisée en trois niveaux de risque : critique, élevé et moyen. La classification, décidée par un comité d’experts de l’OMS et de l’Université de Tübingen, en Allemagne, s’appuie sur leur niveau de résistance aux antibiotiques, le taux de mortalité, leur prévalence et « le fardeau imposé au système de santé »

« La liste, a expliqué en conférence de presse Marie-Paule Kieny, de l’OMS, n’a pas pour but d’effrayer à propos des superbactéries. Elle a pour but de signaler à la communauté scientifique et à l’industrie pharmaceutique des choses qu’elles devraient viser afin de répondre à des menaces de santé publique urgentes. » Dans son communiqué, l’OMS est encore plus explicite :

La liste a pour but de pousser les gouvernements à mettre en place des politiques incitant les agences financées par le public comme le secteur privé à investir dans la recherche fondamentale et la recherche développement avancée pour découvrir de nouveaux antibiotiques...