Peut-on pénaliser financièrement des revues scientifiques qui publient des recherches sur le climat ? C'est la menace qu'a fait planer un élu républicain, et non le moindre, puisqu'il préside le Comité de la Chambre des représentants sur la science.

Pour Lamar Smith, républicain du Texas et climatosceptique affiché, la science du climat « ne suit pas la méthode scientifique ». C’est ce qu’il a déclaré le 29 mars en ouvrant les audiences de la Chambre sur le climat — des audiences clairement orientées, puisque les scientifiques invités sont presque tous de ceux qui ne croient pas au réchauffement climatique. Coïncidence, Lamar Smith, qui n’y croit pas non plus, compte parmi les plus gros donateurs à ses campagnes de réélection, l’industrie pétrolière et gazière. Il a aussi profité de cette première journée d’audiences pour dire de la prestigieuse revue Science qu’elle n’était pas « objective », en réaction à un reportage sur lui-même : il avait participé le 23 mars à une conférence climatosceptique de l’Institut Heartland, et c’est à cette occasion qu’il a fait part de son intention de serrer la vis aux revues scientifiques — hypothétiquement, par l’intermédiaire des fonds de recherche. Selon l’auteur de l’article, Lamar Smith aurait dit voir le Comité de la Chambre « comme un outil pour faire avancer son ordre du jour politique plutôt que comme un forum pour examiner d’importants problèmes auxquels fait face la communauté scientifique ».

Le site de vérification des faits Snopes s’est même senti obligé de publier un reportage soulignant que la revue américaine Science est « une des plus anciennes et des plus prestigieuses publications scientifiques ». Snopes rappelle que Lamar Smith est un collaborateur du site d’extrême-droite Breitbart News et qu’un de ses récents communiqués de presse s’appuyait sur des « données » climatiques publiées par le quotidien tabloïd britannique Daily Mail.