Depuis l’accident nucléaire de Fukushima, en 2011, il y a eu 80 suicides liés à l’accident et à l’évacuation de la ville. Mais aucun décès à cause des radiations.

Les médecins avaient correctement prédit que le niveau de radiation n’avait pas atteint le seuil de dangerosité, contrairement à ce qui avait été le cas après l’accident nucléaire de Tchernobyl, 25 ans plus tôt. Mais la peur des radiations a fait beaucoup plus de dégâts dans la population locale que les radiations elles-mêmes. À ce jour, rapporte dans le New Scientist l’expert Shunichi Yamashita, la hausse des cas de cancers de la thyroïde —113 — est entièrement attribuable au dépistage de masse mené dans la foulée de l’accident — 300 000 personnes testées entre 2011 et 2015, et qui sont censées être à nouveau testées tous les deux ans. De plus, on ne note aucune différence entre les gens qui ont été exposés à des hauts et des bas niveaux de radiations. En revanche, les impacts psychologiques représentent la plus grosse conséquence mesurable de l’accident : les traumatismes liés au fait d’avoir dû laisser sa maison, l’incertitude face au futur, la peur pour sa santé ou celle de ses enfants… Si les cancers n’ont pas augmenté, dépressions, anxiété et insomnies, elles, sont en hausse, chez les adultes et chez les enfants.