La Réserve mondiale de semences de Svalbard, censée servir de police d’assurance en cas de catastrophe écologique, aurait-elle failli à cause d’une inondation ? C’est ce que des rapports ont pu laisser croire… trop vite.

Le 19 mai, le quotidien The Guardian et le magazine Wired n’ont pas pu résister à la tentation avec un article intitulé : « la Chambre forte anti-apocalypse de l’Arctique inondée. Merci, réchauffement climatique ». L’article s’appuyait sur une annonce en partie vraie, et en partie fausse :

Appelée Réserve mondiale de semences, ce bâtiment est enfoui en partie sous la terre glacée de l’île Svalbard, dans le nord de la Norvège. L’entrée du « bunker » conduit à un petit tunnel où sont entreposés les équipements, qui conduit lui-même à un deuxième tunnel, en béton, descendant à 100 mètres sous la montagne. C’est dans l’entrée de ce second tunnel, maintenu à une température sous zéro, que l’eau s’est infiltrée, puis a gelé. Au bout de ce tunnel se trouve une antichambre conduisant au lieu d’entreposage des semences, chacune préservée dans un emballage sous vide.

Inauguré en 2008, le bâtiment vise à conserver dans un lieu sécuritaire des graines de près d’un million de plantes — dans le but de préserver la diversité génétique en cas de catastrophe écologique. Si la fonte du sol a donné des sueurs froides aux concepteurs du projet, elle constitue aussi un signal d’alarme, qui conduira le gouvernement norvégien à renforcer le tunnel, particulièrement dans un contexte où le réchauffement climatique n’est pas près de s’arrêter.