Voilà peut-être un argument susceptible de faire passer à l’action bon nombre d’Américains : si rien n’est fait pour les combattre, les changements climatiques appauvriraient les États-Unis et risqueraient d’aggraver les inégalités, avance une récente étude.

Basés sur 116 projections climatiques, les résultats de cette étude démontrent que le tiers des États les plus pauvres feront face à des dommages économiques liés au climat pouvant atteindre jusqu’à 20 % de leurs revenus.  

Les chercheurs derrière cette étude ont tenté d’estimer les dommages économiques que pourraient encourir les États-Unis, en se basant sur des données recueillies entre 1981 et 2010 au sein de différents secteurs (agriculture, énergie, santé, emploi, etc.). Des données sur les crimes dans les divers États et sur les tempêtes côtières faisaient aussi partie du lot. 

D’après ces projections, on apprend par exemple que la chaleur pourrait augmenter les agressions criminelles et affecter la viabilité des champs de maïs, mais aussi réduire le nombre de décès chez les itinérants durant l’hiver. Estimer les dommages liés aux changements climatiques serait essentiel pour mettre en place des politiques d’adaptation, soulignent les auteurs.

Chaque demi degré supplémentaire de la température globale (0,55 °C) causerait ainsi, pour l’économie américaine, une perte de 0,7 % du PIB national. De plus, ce risque se distribuerait irrégulièrement au sein de la nation, accentuant les inégalités économiques entre les États.

D’ici la fin du 21e siècle, les États les plus pauvres expérimenteraient donc, selon ces mêmes projections, entre 2 et 20 % plus de dommages économiques si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas. La région du golfe du Mexique risquerait de subir des pertes particulièrement considérables en raison de la vulnérabilité de cette région aux évènements climatiques extrêmes — vagues de chaleur meurtrières, puissants ouragans et montée du niveau des océans —, tout comme les communautés côtières de l’Atlantique.

La hausse des températures entraînerait un déclin des productions agricoles combiné à une augmentation de la demande énergétique, principalement au niveau de la climatisation, au sein des États du sud et du centre-ouest. Alors que les États du nord et du nord-ouest pourraient connaître la situation inverse, avec des hivers plus courts et chauds propices aux récoltes et moins énergivores en termes de chauffage.

« Si nous continuons sur cette voie, nos analyses indiquent que nous assisterons au plus important transfert économique entre les États les plus pauvres vers les plus riches », a même avancé Solomon Hsiang, professeur de politique publique à l’Université de Berkeley, de l’État de Californie.

Comme le montrent les projections produites par les chercheurs, construites à partir de 29 000 simulations, les changements climatiques affecteraient négativement plus d’une quinzaine d’États américains d’ici la fin du siècle, ce qui risque de redessiner en grande partie la carte de l’économie américaine.