Des chercheurs ont à nouveau sonné l’alerte la semaine dernière sur le risque que des régions de notre planète deviennent bientôt invivables pour l’humain. Mais que veut dire invivable ?

Notre seuil limite de survie est situé à 35°C, avec 80 % d’humidité, soit une température ressentie de 53°C. Au-delà, notre corps ne peut survivre que quelques heures au soleil. Cette limite est définie par notre métabolisme : quand on a chaud, on transpire et l’évaporation de notre sueur permet de refroidir notre peau. Or, un taux d’humidité trop élevé empêche cette évaporation et notre corps ne peut plus évacuer la chaleur. En surchauffe, les organes défaillent, entrainant la mort.

Ce n’est pas rare d’atteindre un tel seuil de façon temporaire. L’Europe connait cet été une vague de chaleur importante, et plusieurs canicules ont eu lieu en 2010, 2013 et 2015. Le Pakistan a même connu un record mondial de 51°C en 2015. Le problème, c’est quand une telle canicule dure à l’année longue, dans des pays où, de surcroît, la climatisation est rare. Ce sera de plus en plus le cas : selon une étude parue la semaine dernière dans Science Advances, l’Asie du Sud devrait devenir invivable en 2100. Forte température, hausse des précipitations… les facteurs sont tous au rouge. De plus, cette zone est densément peuplée et certains travailleurs, tels que les éleveurs ou les agriculteurs, sont vulnérables parce qu’ils travaillent à l’extérieur.

 

— Virginie Montmartin, journaliste scientifique