La Chine met fin au trafic d’ivoire d’éléphant… pour mieux vendre celui du mammouth. Une alternative qui, si elle se confirme, s’avère tout aussi désastreuse pour la planète.

Sculpture en ivoire
Sculptures en ivoire exposées aux Nation-Unies. Crédits : Anthony Keys — Flickr — Creative Commons — http://bit.ly/2vYbUlP

Le trafic d’ivoire d’éléphant a été interdit par le gouvernement chinois l’an dernier. Cette nouvelle a toutefois profité au marché de l’ivoire de mammouth, selon le New York Times. Cet animal semblait a priori un bon choix : comme tous les mammouths sont morts depuis plusieurs milliers d’années, leur « traque » ne peut ébranler aucun écosystème. De plus, la vente de fossiles de mammouth est légale.

Sculpture en ivoire
Sculptures en ivoire. Crédits : Matthias Rosenkranz — Flickr — Creative Commons — http://bit.ly/2vqiXCP 

Le problème est que les squelettes de mammouths se trouvent en majorité dans le permafrost en Sibérie. Si certaines zones sont déjà exploitées légalement par la Russie, les fouilles illégales sont réalisées avec des techniques destructrices pour l’environnement : elles entravent non seulement de futures recherches scientifiques sur d’autres fossiles, mais aussi sur le territoire, comme en témoignait notamment l’an dernier un photoreportage diffusé à RadioFreeEurope. Enfin, ce trafic de mammouth peut fournir une couverture légale au marché noir de l’ivoire d’éléphant. La symbolique de l’ivoire est forte dans la culture asiatique, cette matière première étant vue comme un signe d’honneur et de respect.

— Virginie Montmartin, journaliste scientifique